Minimum vieillesse : de trop nombreux bénéficiaires potentiels non informés

Publié le 05/11/2012

Selon un rapport de la Cour des comptes, une part non négligeable de retraités pauvres ne toucherait pas le minimum vieillesse par manque d'informations.

Le « minimum vieillesse » constitue historiquement le premier minimum social. Mis en place en 1956, il permet de compléter l’ensemble des ressources de ses bénéficiaires et de leur conjoint éventuel, jusqu’à un niveau de 777,16 € par mois pour une personne seule et de 1 206,39 € pour un couple. Dès lors qu’elle en fait la demande, toute personne âgée d’au moins 65 ans peut en bénéficier. Or, selon un rapport de la Cour des comptes, « il existe de sérieuses présomptions qu’une part des retraités qui y aurait droit n’en fait pas la demande en l’absence de dispositif d’information adapté. »

Cette situation ubuesque s’explique par la difficulté d’identifier les populations qui pourraient y prétendre. Certaines personnes âgées n’avaient en effet pas droit au minimum vieillesse lorsqu’elles ont liquidé leur retraite. Lorsque le plafond de cette aide sociale a été progressivement revalorisé (+ 25 % en cinq ans), ces dernières n’ont pas forcément pensé ou n’ont pas été alertées qu’elles pouvaient bénéficier, via ce dispositif, d’un complément de revenu. Pour preuve, le nombre d’allocataires du minimum vieillesse n’a pas sensiblement augmenté dans la période, contre toute logique. Il tourne toujours autour de 580 000 personnes.

« Face à cette situation, la mise en place de campagnes spécifiques d’information des publics qui seraient devenus potentiellement éligibles au minimum vieillesse à la suite de sa revalorisation apparaîtrait cohérente avec les objectifs poursuivis en matière de lutte contre la pauvreté. De telles campagnes ont du reste été menées, s’agissant du RSA ou de la prime pour l’emploi », insiste la Cour des comptes.

Pour la CFDT Retraités, les caisses d’assurance-vieillesse doivent se doter des moyens nécessaires pour reconnaître les populations éligibles à ce dispositif. De même, les régimes d’assurance-retraite doivent mieux informer leurs assurés de l’ouverture éventuelle de nouveaux droits afin qu’ils puissent eux-mêmes ­effectuer les démarches nécessaires auprès de leurs caisses.