Les retraités demandent "une réponse collective et solidaire à la perte d'autonomie"

Publié le 08/11/2010 à 00H00
À quelques semaines du début des discussions sur la réforme de la prise en charge de la dépendance, les organisations syndicales de retraités rappellent leurs priorités et mobilisent le 25 novembre.

Près de dix ans après la création de l’Apa (allocation personnalisée d’autonomie), la prise en charge de la dépendance va être profondément revue. Le gouvernement a annoncé cet été l’ouverture des discussions sur le sujet à la fin 2010 et six mois de débat pour parvenir à l’adoption d’un projet de loi avant l’été 2011. Ledit débat ne s’ouvre pas dans le meilleur climat.

Plusieurs interventions de membres de la majorité et le rapport de la députée Valérie Rosso-Debord, publié en juillet, ont envoyé des signaux inquiétants quant aux intentions du gouvernement. Le rapport parlementaire préconise tout simplement l’abandon, à terme, de la prise en charge de la dépendance par la solidarité nationale, et la souscription d’une assurance obligatoire dépendance pour toute personne de plus de 50 ans. Un député UMP a même été jusqu’à proposer d’abandonner un jour de RTT afin de financer la dépendance…

L'intersyndicale soumet de nombreux projets

Dans ce contexte, l’intersyndicale des retraités (CFDT, CFE-CGC, CGT, Unsa et FGRFP) rappelle ses revendications liées à une meilleure prise en charge des personnes dépendantes et d’échanger sur la forme du débat. « Nous demandons de vraies négociations, l’exemple de la réforme des retraites ne doit pas se reproduire », affirme Michel Devacht, secrétaire général de la CFDT-Retraités (UCR).

Le financement sera bien sûr au cœur des discussions, mais la secrétaire d’État a affirmé devant l’Assemblée des départements de France, le 20 octobre, que l’Apa ne serait pas seule concernée par cette réforme. Cela tombe bien, les sujets abordés par l’intersyndicale sont nombreux. L’intersyndicale demande également de revoir la fiscalité des aides à la personne, afin de différencier celles qui relèvent du confort de vie et celles « qui sont indispensables pour permettre à une personne âgée d’avoir une existence décente ». Elle pointe enfin les difficultés des associations d’aide à domicile en soulignant que « la façon dont leurs tarifs sont imposés ne favorise pas celles qui font de réels efforts pour améliorer la qualification des intervenants et la qualité des services offerts ».

Pour des tarifs mieux encadrés

Évidemment, le choix de l’établissement médicalisé s’impose parfois aux personnes dépendantes, d’où l’exigence de moyens humains suffisants pour leur assurer des soins et des activités dans des conditions décentes. Or, « le taux d’encadrement est trop faible, constate l’intersyndicale. Le rythme de 7 500 créations de places en maison de retraite médicalisée par an ne répond pas aux besoins actuels et futurs ».

Le prix de journée en établissement doit aussi être revu : « les grandes disparités doivent être réduites, les tarifs mieux encadrés par les pouvoirs publics », affirment les organisations syndicales.

Enfin, l’attribution de l’Apa, est jugée « insuffisante et inégalitaire : insuffisante parce que le reste à payer est beaucoup trop élevé ; inégalitaire puisqu’elle varie d’un département à l’autre. Les organisations syndicales revendiquent la création d’un droit universel de compensation pour l’autonomie, quel que soit l’âge, financé dans un cadre de solidarité nationale ». Les retraités sont appeler à manifester le 25 novembre pour appuyer ces revendications.

Frédéric Delaporte