La retraite, miroir des inégalités

Publié le 11/03/2014

À l’occasion de la Journée internationale des femmes le 8 mars, la CFDT Retraités a organisé une journée d’étude consacrée à deux sujets sur lesquels il est urgent d’obtenir des avancées : la retraite des femmes et la place des « aidants » (la plupart du temps des « aidantes »), qui accompagnent un proche en perte d’autonomie, avec toutes les conséquences que cela entraîne sur leur vie professionnelle et, in fine, sur le niveau de leur pension.

Les chiffres sont éloquents. La retraite des femmes (hors réversion) est en moyenne de 932 euros quand celle des hommes est de 1 603 euros. Cette différence s’explique par la structure du monde du travail. Les femmes ont investi massivement le monde du travail (48 % de la population active), mais elles sont plus au chômage que les hommes, ont davantage de contrats de courte durée et occupent 82 % des emplois à temps partiel. Côté rémunération, les inégalités sont tout aussi flagrantes. Outre la question du temps partiel, les femmes sont aussi plus présentes dans les secteurs d’activité moins valorisés en matière de rémunération. Cette double spécificité explique qu’elles gagnent, in fine, 27 % de moins que les hommes. Encore plus scandaleux, les dernières études de l’Association pour l’emploi des cadres révèlent un écart de salaire de 7 % entre les hommes et les femmes ayant un diplôme équivalent, occupant le même poste de travail et travaillant dans le même type d’entreprise.

Un droit à pension nettement retardé pour les femmes

Les femmes qui cessent de travailler ou qui passent à temps partiel pour élever un enfant ou s’occuper d’un proche en perte d’autonomie n’ont pas forcément conscience des répercussions d’une telle décision en matière de retraite. Ainsi, 28 % d’entre elles doivent attendre 65 et bientôt 67 ans pour faire valoir leur droit à pension, contre 14 % des hommes. Preuve supplémentaire de l’inégalité hommes-femmes : les pensions de réversion représentent encore un quart du montant de la retraite de ces dernières. Dans une société où le nombre de divorces n’a rien d’anecdotique, le risque pour un grand nombre de femmes de basculer dans la pauvreté au moment de prendre leur retraite est réel. À l’époque révolue où l’espérance de vie à la retraite ne dépassait pas quelques années, toutes ces questions pouvaient paraître secondaires ; mais, aujourd’hui, selon l’Insee, une femme âgée de 60 ans possède une espérance de vie de 27,2 ans…

jcitron@cfdt.fr