Exclusion : Un plan qui cible la pauvreté des enfants et des jeunes

Publié le 12/12/2017

Esquissée à la mi-octobre lors de la journée mondiale du refus de la misère, la concertation sur la nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté était lancée ce 4 décembre par la ministre des Solidarités et de la Santé. Elle devrait déboucher au printemps 2018 sur un plan d’action ciblant les plus jeunes, à l’heure où 3 millions d’enfants (soit un sur cinq) vivent en France sous le seuil de pauvreté. 

Le plan quinquennal 2013-2018 avait mis en lumière le non-recours aux aides sociales mais aussi permis des avancées : revalorisation du RSA socle de 2 % par an pendant cinq ans, déploiement de la garantie jeunes, augmentation du plafond de la CMU-C… « La prime d’activité, qui bénéficie à 5,2 millions de personnes (dont deux millions d’enfants) était aussi l’un des engagements du plan pauvreté », rappelle la secrétaire confédérale Chantal Richard. Quatre ans plus tard, l’actuel gouvernement va-t-il poursuivre dans la même dynamique ? Reconnaissant « des avancées considérables », Olivier Noblecourt, le délégué interministériel chargé de piloter les travaux de la concertation, voit dans cette nouvelle étape deux axes forts : l’accent mis sur la jeunesse et la volonté de s’attaquer « aux mécanismes de reproduction sociale, pour éviter que les enfants pauvres d’aujourd’hui ne deviennent les pauvres de demain ». Il faut aussi « élaborer une stratégie de mobilisation de l’ensemble des acteurs, de les impliquer dès la conception de cette stratégie pour en faire les dépositaires ».

Des échanges et une concertation publique

Côté calendrier, six groupes de travail thématiques installés avant Noël vont réfléchir aux moyens d’éradiquer la pauvreté des enfants et de renforcer la lutte contre l’exclusion autour des thématiques prévention, accompagnement, gouvernance, etc. Les rapports de synthèse sont attendus à la fin mars. En parallèle, différents acteurs (associations, collectivités locales et élus) vont échanger lors de dix journées organisées en régions et outre-mer. Et une concertation publique sera lancée en janvier – à travers la mise en place d’un espace internet dédié – afin que citoyens, acteurs associatifs ou d’entreprise puissent formuler leurs propositions.

aballe@cfdt.fr