Budget de la Sécurité sociale : il faut sortir de la seule logique d’économies

Publié le 07/10/2014

La présentation d’un projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est un exercice forcément périlleux pour un gouvernement qui s’est engagé sur 50 milliards d’euros d’économies en trois ans, dont 20 milliards pour le seul champ de la protection sociale.

Alors que les économies prévues cette année ne seront pas au rendez-vous en raison de la faible croissance de l’économie, le gouvernement prévoit pour 2015 de nouvelles mesures afin de limiter les dépenses sociales. L’objectif est de réaliser 3,2 milliards d’économies sur les dépenses d’assurance-maladie, 700 millions sur les prestations familiales et 500 millions sur la gestion des organismes de protection sociale.

En matière de dépenses de santé, le gouvernement mise principalement sur le développement de la chirurgie ambulatoire, l’encouragement à l’hospitalisation de jour et l’hospitalisation à domicile. Aucune mesure de déremboursement n’est envisagée, et l’objectif de généralisation du tiers payant en 2017 est maintenu, malgré la grogne des médecins. La CFDT alerte sur la mise sous pression des hôpitaux qui subissent le resserrement de la contrainte budgétaire alors que leur situation est parfois explosive et que les conditions de travail des agents fortement détériorées.

Polémique autour de la politique familiale

Les économies envisagées sur la branche famille se traduisent quant à elles par une baisse des prestations. Ainsi, la prime de naissance est divisée par trois à partir du deuxième enfant (de 923,08 à 308 euros), la majoration des allocations familiales est décalée de 14 à 16 ans et les ménages aisés (le seuil reste à préciser) vont voir le complément de libre choix de mode de garde baisser.

Le partage du congé parental répond pour la CFDT au besoin de soutenir l’accompagnement de l’enfant par les deux parents sans pénaliser les carrières professionnelles de chacun des parents. C’est pourquoi la CFDT revendique que ce congé parental soit mieux rémunéré pour permettre aux parents de faire des choix qui ne soient pas par défaut. De même, la création de places d’accueil de qualité doit être rapidement développée pour soutenir les familles qui en ont le plus besoin et tendre vers l’égalité des chances de chaque enfant.

Pour la CFDT, ce PLFSS montre, une nouvelle fois, que faute de réforme fiscale globale permettant de développer l’investissement, la solidarité et la cohésion sociale, le gouvernement en est réduit à une logique d’économies sans réelles marges de manoeuvres.

jcitron@cfdt.fr