[Vidéo] Retraites complémentaires : c’est parti pour la négociation !

Publié le 18/02/2015

La négociation sur les retraites complémentaires a débuté mardi 17 février au siège du Medef. Syndicats et patronat se sont donné quatre mois pour trouver un accord. De l’avis de tous les participants, la tâche sera difficile. 

      
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La première séance de négociation n’aura finalement durée que deux petites heures. Chacune des organisations syndicales a exposé ses revendications, sans que cela ne soit suivi par un débat. Un tour de chauffe, en quelque sorte, afin de clarifier les positions des acteurs. « Une première rencontre sans surprise, résume le secrétaire national de la CFDT Jean-Louis Malys. Nous commençons à bien connaître le positionnement des organisations patronales et syndicales sur le sujet. »

Le Medef, la CGPME et l’UPA ont ainsi confirmé qu’ils souhaitaient prendre des mesures pour rétablir l’équilibre des régimes à l’horizon 2020. Ils proposent pour cela d’instaurer un mécanisme d’abattements temporaires dégressifs entre 62 et 67 ans. Concrètement, un salarié qui partirait à la retraite à 62 ans se verrait appliquer une décote sur sa retraite complémentaire jusqu’à 67 ans. Chaque année entre 62 et 67 ans, le montant de la décote diminuerait pour arriver, in fine, à une pension sans décote. L’entrée en vigueur de cette mesure pourrait s’envisager à partir de la génération née en 1957.

   


Les enjeux de la négo

L’avenir des régimes de retraites complémentaire des salariés du privé Arrco (tout le monde) et Agirc  (uniquement les cadres) concerne 30 millions de personnes (actifs et retraités). Les retraites complémentaires comptent, en moyenne, pour  60 % dans la pension des cadres et pour 30 % dans celle des ouvriers et employés.

Si aucune nouvelle mesure n’est prise lors de cette négociation, ces deux régimes auront épuisés leurs réserves financières – en 2018 pour l’Agirc et en 2027 pour l’Arrco. Ne rien faire signifierait donc une baisse drastique du montant des pensions versées en 2019 pour les cadres et en 2028 pour l’ensemble des salariés.

   

Le patronat  a également plaidé en faveur d’une réduction du taux de réversion et de la fin de la prise en charge par les régimes complémentaires des points attribués aux demandeurs d’emploi en complément des cotisations versées par l’Unédic. Enfin, il souhaite geler le niveau des pensions pendant trois années supplémentaires et, de manière temporaire, renchérir l’achat des points par les actifs. « Nous souhaitons agir sur tous ces leviers pour trouver les 5 milliards qui font défaut aujourd’hui. La négociation devra déterminer l’importance des efforts sur chacun de ces leviers pour arriver à l’équilibre », a insisté le négociateur du Medef, Claude Tendil. Sans surprise, le patronat a rejeté toute hausse de cotisation dans la période.

Quatre mois pour trouver un accord

Côté organisations syndicales, les propositions patronales ont bien entendu fait réagir. À l’exception notable de la CGT, tous les syndicats se sont dits prêts à faire des efforts afin d’assurer l’avenir des régimes, tout en pointant l’extrême dureté des mesures présentées. Pour la CFDT, il n’est ainsi pas question de revenir sur l’aide apportée par les régimes complémentaires aux demandeurs d’emploi. « Nous ne nions pas les difficultés, mais il n’y aucune raison de dramatiser, insiste Jean-Louis Malys. La partie patronale demande des mesures radicales, mais la négociation ne fait que commencer et les positions vont évoluer. Nous avons quatre mois pour trouver un terrain d’entente afin de déterminer des mesures à la fois justes et efficaces. »

Rendez-vous le 20 mars pour la deuxième séance de négociations. D’ici là, le patronat recevra l’ensemble des organisations syndicales en bilatérales, et un nouveau texte sera mis sur la table. Grande nouveauté, en effet, afin d’améliorer l’efficacité de la négociation, la partie patronale s’est engagée à fournir aux organisations syndicales ses propositions bien en amont des séances de négociation. Une bonne résolution pour débuter cette nouvelle négociation !

jcitron@cfdt.fr

   


Les négociateurs

Syndicats
Jean-Louis Malys (CFDT) ; Éric Aubin (CGT) ; Pascale Coton (CFTC) ; Serge Lavagna (CFE-CGC) et Philippe Pihet (FO)

Patronat
Claude Tendil (Medef) ; Geneviève Roy (CGPME) et Albert Quenet (UPA)

   


photo © Olivier Clément