Plan social chez TUI : “Il manque 10 millions d’euros pour reclasser les salariés !”

Publié le 08/09/2020

Le 8 septembre, plus de 400 salariés ont manifesté devant le siège du groupe du voyagiste TUI, avec pour objectif de mettre la pression sur la direction et améliorer les conditions de départ de 600 salariés.

« Il manque 10 millions d'euros pour que ce PSE soit décent. Dix millions, c’est rien alors que ce groupe a touché près de 3,9 milliards d'euros d’aides. » Marie-Hélène Loupec-Larade, la déléguée syndicale CFDT du voyagiste TUI, harangue une foule en colère, ce 8 septembre, devant le siège du groupe, à Levallois-Perret.

Ils sont plus de 400 salariés, dont une partie vient de région, à avoir répondu à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-CGC à manifester. Sur leurs pancartes, on peut lire « TUI, numéro 1 du PSE », « Du respect et de la considération », ou encore « Tuitanic ». Ils entendent mettre la pression sur la direction pour qu’elle lâche les 10millions supplémentaires nécessaires à l’élaboration d’un PSE correct.

La tension chez les salariés est palpable. « On nous licencie par visio-conférence. Ce sont 600 salariés qui vont partir. Ils viennent s’ajouter aux 1 800 déjà partis depuis 2012, grogne Nia Diarra, responsable syndicale CFDT. On a été pressés comme des citrons depuis la crise sanitaire. Ça suffit, on veut être respectés. »

Pour Pascale Bazin, également déléguée syndicale CFDT, « le groupe a reçu 3 milliards d'euros d’aides du gouvernement allemand, et 900 millions du gouvernement français au titre du CICE et du chômage partiel et il chipote pour 10 millions d'euros pour une sortie honorable de 600 salariés qui ont beaucoup donné à l’entreprise, c’est inadmissible ! »

Insister sur le reclassement

Les revendications de la CFDT-Services n’ont pas changé, elle demande 15 000 € d’indemnités pour tous plus un mois de salaire par année d’ancienneté. Mais surtout elle insiste sur la nécessité de donner des possibilités de reclassement à tous ces salariés qui ont peu de chance de retrouver un emploi dans le tourisme avant longtemps tant le secteur est sinistré. Elle demande dix-huit mois de reclassement pour les salariés de plus de 50 ans et douze pour les moins de 50 ans. La direction est encore loin du compte. Une prochaine réunion en visio-conférence est prévue le 14 septembre. Pendant que l’intersyndicale négociera, les salariés reviendront faire du bruit au siège. « La mauvaise publicité, le groupe déteste ça », confie Pascale Bazin.

dblain@cfdt.fr 

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