Orange : une première place qui en appelle d’autres

Publié le 21/01/2014

La CFDT d’Orange vient de remporter une victoire historique lors des élections au conseil d’administration, et compte bien récidiver lors des prochaines élections IRP (DP et CE).

Orange s’appelait encore France Télécom, et l’entreprise était alors marquée par une vague de suicides qui a conduit à un changement de PDG, à l’orée des années 2010. Conséquence : le nouveau patron, Stéphane Richard, ne pouvait occulter la nécessité d’améliorer le dialogue social. La CFDT dit alors banco et négocie en 2010 « le premier texte sur l’organisation du travail dans une entreprise d’une telle taille en France », explique Laurent Riche, le délégué syndical central CFDT.

     
  

Une structuration dans la durée
La dynamique actuelle de succès électoraux chez Orange est le fruit d’un important travail de structuration dans la durée des équipes CFDT autour d’un double principe : se tenir à des objectifs précis en phase avec les attentes des salariés et affirmer fortement ses positionnements en s’engageant.

  

Il était d’ailleurs temps d’agir, tant l’organisation de l’entreprise en directions opérationnelles était devenue hypercentralisée. Sur la période comprise entre 2009 et 2011, ce sont pas moins d’une dizaine d’accords que signe la CFDT. Selon Laurent, « le but était, dans une boîte traumatisée, d’améliorer tout ce que l’on pouvait améliorer ». Et de citer quelques exemples : l’encadrement des mobilités, du télétravail, l’insertion des jeunes… Face à une CGT « traditionnelle » et à un Sud « incapable de s’engager », « on s’est souvent senti un peu seul quand il s’agissait de signer », reconnaît Laurent.

Électrochoc

Lors des élections DP et CE (de novembre 2011), la CFDT semble à première vue récolter les fruits de cette politique contractuelle en ravissant la deuxième place à Sud. Mais les résultats étaient inégaux sur les dix-neuf CE et, en étudiant les chiffres de plus près, « on a réalisé qu’en fait la CFDT avait légèrement reculé par rapport au dernier scrutin, et que nous devions notre deuxième place uniquement à la baisse de la CGT et de Sud », résume Laurent Riche ; de plus, cette élection comptant pour la première fois dans le calcul de la représentativité, « ce sont les “petites” OS qui ont tiré leur épingle du jeu ! »

  


Garder un œil sur les nouveaux embauchés

L’arrivée de 14 000 nouveaux salariés dans l’entreprise en six ans, aura profondément modifié la sociologie de l’électorat chez Orange. Il est donc indispensable de prendre en compte leurs attentes, de les intéresser au syndicalisme et de les encourager à rejoindre la CFDT. Tel est le sens du travail de structuration lancé dès 2010 par la CFDT d’Orange autour des deux axes que sont le renouvellement et la syndicalisation.

  

Plutôt que de se satisfaire de cette bouteille à moitié pleine, le DSC et son équipe ont préféré tirer les conséquences de ce surplace. « On s’est alors lancé dans un travail de longue haleine de structuration des équipes sur l’ensemble du territoire sous l’angle de la syndicalisation et du renouvellement », explique Laurent. Une priorité puisque depuis 2010, plus de 10 000 nouveaux salariés, souvent jeunes, ont rejoint l’entreprise. « Il a alors fallu repenser notre fonctionnement de collectif de façon à renforcer notre visibilité et la valorisation de nos actions. » Ce travail sur la structuration est allé de pair avec une redéfinition des priorités syndicales, ainsi qu’une amélioration de communication. Fin 2013, la première place historique remportée par la CFDT lors des élections au conseil d’administration du groupe Orange est venue valider cette stratégie. « On a axé notre stratégie de campagne sur les réalités professionnelles des salariés pour bien montrer que même si le CA semble loin, les candidats CFDT qui les représentent sont des salariés comme eux. »

Objectif 2014

Cette première place a décuplé l’appétit de la CFDT d’Orange, qui vise désormais la passe de deux et veut devenir la première organisation syndicale d’Orange lors des prochaines élections DP et CE, qui auront lieu à la fin de 2014. Un scrutin d’autant plus important que les résultats du vote des fonctionnaires (deux tiers environ des salariés) seront pris en compte à travers le calcul de la représentativité dans la fonction publique, dont les élections se dérouleront au même moment. Pour y parvenir, Laurent et son équipe vont continuer de « décomplexer l’organisation CFDT sur sa capacité à gagner » en martelant ce message : « Les salariés attendent de la CFDT qu’elle soit une organisation qui s’engage et fait avancer les choses par la négociation, sans pour autant perdre sa capacité à s’indigner. »

nballot@cfdt.fr