Cop 21 : Une ouverture solennelle

Publié le 30/11/2015

Les 150 leaders politiques réunis à Paris ce 30 novembre saluent le courage et la détermination de la France d’avoir organisé la Conférence climat malgré les récents attentats.

Les 150 chefs d’État et de gouvernement ont pris la parole pour donner une impulsion politique forte à la Conférence climat qui commence aujourd’hui pour deux semaines de négociations. Il s'agit du plus grand groupe de dirigeants jamais regroupé pour assister à un événement de l’ONU sur une seule et même journée. Les chefs d’État se sont exprimés à tour de rôle sur leur engagement en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique. Des discours ponctués de chaleureux soutiens au « peuple de Paris et de France » touché par la barbarie il y a quelques jours.

Dans son discours inaugural, le ministre des Affaires étrangères et président de la Cop 21, Laurent Fabius, a souligné ce moment important pour relever le double défi de la lutte contre le terrorisme et le réchauffement climatique : « Par votre mobilisation, vous montrez que la civilisation et la solidarité sont plus fortes que la barbarie. Merci. »

Prendre les choses en main

Laurent Fabius a rappelé ce matin les objectifs de l’accord qui doit être trouvé à Paris « dans onze petits jours » : ne pas dépasser une augmentation de la température supérieure à 1,5 °C, deux maximum d’ici à la fin du siècle, par rapport à l’ère préindustrielle. À ce jour, 183 pays ont fait des promesses chiffrées, représentant plus de 95 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais « cela ne suffira pas », a déclaré le président de la Cop 21 en insistant sur l’absolue nécessité de prévoir dans l’accord des rendez-vous périodiques pour réviser régulièrement ces intentions à la hausse.

Les discours des leaders de la planète ont répété aujourd’hui leur volonté « de prendre les choses en main », selon les termes de Barack Obama. Ils ont souligné l’importance de financer l’adaptation des pays les plus pauvres et d’améliorer la justice climatique. Mais ils n’ont pas précisé leurs engagements avec suffisamment de détails pour que l’on puisse augurer d’un accord final ambitieux. « Il y a beaucoup de gravité et de solennité aujourd’hui, mais pour le moment peu d’engagements concrets », décrypte Thierry Dedieu de la CFDT.

Le syndicalisme mondial entre en scène

Dès ce matin, des représentants des syndicats du monde entier, sous la bannière de la CSI (Confédération syndicale internationale), étaient présents pour suivre les négociations et rappeler aux gouvernements les engagements qu’ils doivent prendre pour un monde durable. Et dès ce soir, seront négociées les questions sociales qui se trouvent actuellement aux articles 2 et 2 bis du texte de préaccord. Ce sont les articles qui contiennent la notion de transition juste pour les travailleurs impactés par le changement climatique et que revendique la Confédération syndicale internationale de longue date.

Si cette notion, jusqu’ici notée comme « à débattre » dans le texte, demeure au final dans l’accord international, elle donnera la possibilité aux syndicats du monde entier d’appuyer leurs revendications sur un accord onusien et opposable. La décision sera connue dans les deux jours suivant la négociation de ce soir. Pour suivre de près ces négociations, tous les militants sont conviés, chaque matin à 11 heures par la CFDT, pour un point d’étape sur le stand de la CSI, situé dans l’espace Génération Climat qui ouvre au public demain.

cnillus@cfdt.fr