[Vidéo] Cop 21 : un accord historique

Publié le 14/12/2015

Même si la transition juste réclamée par le mouvement syndical international ne figure que dans le préambule, l’accord de la COP 21 validé à Paris le 12 décembre met le monde entier sur la voie d’une limitation du réchauffement climatique en dessous de 2 degrés. Marylise Léon, secrétaire nationale, explique l’intérêt de cet accord.

« C’est le premier accord universel de l’histoire des négociations sur le climat », s’est réjouie Marylise Léon, secrétaire nationale chargée du dossier à la CFDT, à l’issue de la plénière qui a marqué la fin de la Cop 21. « Modeste d’un point de vue scientifique, ce texte est immense sur le plan politique », a ajouté Thierry Dedieu, secrétaire confédéral chargé du suivi de la Cop 21. Quelques heures auparavant, Laurent Fabius, président de la Cop 21, visiblement très ému, avait décrit le contexte des négociations : des mois de préparation, des jours et des nuits de travail pour produire deux versions du texte, puis, l’accord final à travers unprojet jugé « différencié, juste, durable, dynamique et juridiquement contraignant ». Il s’est félicité de l’objectif « de contenir l’augmentation de la température moyenne bien en deçà de 2 °C et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 °C » d’ici à la fin du siècle.

100 milliards de dollars par an au minimum

L’accord prévoit la mise en place d’un mécanisme de révision à la hausse des engagements actuels des pays tous les cinq ans. La première révision interviendrait dès 2025. Ce sera également la date butoir pour un nouvel objectif chiffré du financement de la transition vers une économie décarbonée. Le président de la Cop 21 a aussi annoncé que les 100 milliards de dollars prévus à Copenhague constitueraient un plancher d’aides aux pays les plus vulnérables.

Ces efforts, la Confédération syndicale internationale (CSI) les juge sous-dimensionnés. Elle estime que 100 milliards « sont un petit prix à payer pour sauver l’humanité ». « D’autant, ajoute Thierry Dedieu, que si le financement est mentionné dans le texte de l’accord, la somme de 100 milliards, elle, ne l’est pas. » En revanche, le principe de différenciation a été retenu. Il affirme que les efforts des pays doivent être modulés en fonction de leurs responsabilités et moyens.

Déception pour le mouvement syndical international et la CFDT : la transition juste en faveur des travailleurs n’apparaît pas dans le corps opérationnel du texte. Reléguée dans le préambule, la transition juste risque d’être mal prise en compte dans les mutations professionnelles. Selon Marylise Léon, « la transition vers un nouveau modèle de développement ne pourra pas se faire sans des emplois durables et de qualité »

Et maintenant ?

L’accord validé à Paris sera soumis en janvier à une signature protocolaire organisée par l’Onu. Certains pays pourraient encore se désister à ce moment-là. Le prochain rendez-vous diplomatique sera la Cop 22 à Marrakech, du 7 au 18 novembre 2016. L’accord signé entrera en application au 1er janvier 2020. Pour sa part, la CFDT poursuivra « sa mobilisation en veillant à ce que l’État français prenne toute sa part dans la mise en œuvre de cet accord, notamment vis-à-vis des pays en voie de développement ». Elle s’appuiera sur le contenu du texte « pour développer un dialogue social de qualité et anticiper ainsi les conséquences de la transition juste ».

dblain@cfdt.fr et cnillus@cfdt.fr