[Vidéo] Cop 21 : le mouvement syndical international pose ses conditions

Publié le 16/09/2015

À trois mois de la Cop 21, le sommet syndical mondial pour le climat, qui se tenait à Paris les 14 et 15 septembre dernier, a réuni plus de 300 participants du monde entier venus soutenir ce qui va devenir la priorité des priorités.

Le message est clair : « Il n’y a pas de plan B », a affirmé Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) où s’est déroulé le sommet de la Confédération syndicale internationale (CSI). « Nous sommes sur une même planète. Nous devons agir pour stopper un phénomène en marche qui affecte déjà des millions de personnes. »

Un grand nombre d’intervenants ont donné des exemples concrets de leurs engagements pour lutter contre les effets désastreux de la sécheresse et des ouragans que subissent leurs pays, rappelant leurs difficultés à faire comprendre aux gouvernements et aux entreprises qu’ils doivent prendre leurs responsabilités. Comme au Ghana, où le gouvernement a décidé d’implanter de vieilles centrales à charbon pour pallier le manque d’électricité dans le pays, ou en Indonésie, où la déforestation est mise en balance avec le maintien des emplois dérivés de la production de l’huile de palme.

En dépit de nombreux autres témoignages montrant que trop de stratégies gouvernementales continuent d’opposer croissance et environnement, ces deux jours ont mis en exergue l’implication beaucoup plus grande des syndicats sur les questions climatiques. « Très peu d’employeurs se sont engagés dans un dialogue social pour un futur zéro carbone », explique Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. Nous demandons aux entreprises de prendre leurs responsabilités et nous leur rappelons que ce désastre naturel se transformera en catastrophe humanitaire s’ils ne font rien. »

« Nous devons être leaders sur ce sujet », affirme Brian Kohler, de la Fédération internationale IndustriALL, car personne d’autre ne s’occupera de justice sociale. »

Les syndicats mettent la pression pour une transition juste

La venue du ministre des Affaires étrangères et président de la Cop 21, Laurent Fabius, était très attendue des syndicats qui l’ont interpellé sur trois revendications majeures.

La première porte sur la réintégration de la notion de « transition juste » qui a été supprimée du projet d’accord qui doit être signé à Paris en décembre. La transition juste réclamée par les syndicats consiste à accompagner dignement le reclassement des travailleurs qui verront leurs emplois muter pour s’adapter au réchauffement climatique. Elle est une des revendications phare du mouvement syndical pour le climat. « Ce texte n’est pas satisfaisant », a reconnu Laurent Fabius, qui s’est engagé à rectifier le tir et à plaider pour que la notion de transition juste revienne dans le texte final.

Les syndicats réclament également un accord plus ambitieux avant 2020 et à la hausse après 2020, avec un mécanisme de réexamen obligatoire des efforts déployés. Car il est indispensable que les gouvernements approuvent une révision périodique de leurs objectifs.

Pour finir, la CSI a fait valoir auprès du ministre que cet accord peut être une formidable opportunité pour des emplois verts et des activités liées au climat. Il est donc indispensable d’exiger, dans cet accord, un engagement sur le financement du climat.

La Cop 21 et après

« Notre sommet avait pour objectif de ramener le problème humain au cœur des discussions de la Cop 21 : nous voulons un pack "zéro carbone-zéro pauvreté". Alors quels que soient les accord obtenus en décembre prochain, nous devons montrer que nous restons mobilisés, que nous voulons faire avancer le programme des syndicats sur la Cop 21, avant, pendant et après celle-ci », explique Anabella Rosemberg, conseillère politique au CSI.

 « Nos armes sont la mobilisation et la participation » : c’est sur ces paroles que João Felício, président de la CSI, rappelait à l’audience que de grandes manifestations sont annoncées pour la fin de l’année. Le 29 novembre, veille de la conférence et au lendemain de celle-ci, le 12 décembre, les organisations syndicales organiseront de grandes marches dans leurs pays respectifs, comme à Paris, où le rassemblement sera massif et dans lequel la CFDT prendra toute sa part.

cnillus@cfdt.fr