Les salariés d’Agrial rencontrent Laurent Berger

Publié le 07/06/2013 (mis à jour le 11/06/2013)
Une vingtaine de militants de l’agroalimentaire de la région de Caen sont venus échanger avec le secrétaire général de la CFDT, pour aborder, entre autres, les politiques salariales et la répartition de la valeur ajoutée.

Comment vivre une fusion entre des coopératives ? Quelle culture syndicale recréer lorsque l’on vient de secteurs d’activité différents ? C’est une réalité que vivent aujourd’hui les salariés d’Agrial, un groupe agricole et agroalimentaire qui se développe considérablement depuis dix ans. D’origine normande, la coopérative  réunit plus de 10 000 personnes réparties sur 300 sites, travaillant aussi bien dans la production de légumes, le lait, les viandes, les produits phytosanitaires, le machinisme agricole, les semences, la nutrition animale ou les boissons. Après avoir racheté récemment Elle et Vire, l’entreprise prépare d’autres fusions, comme par exemple avec une partie du groupe Senoble.

Venus de la région de Caen, les militants d’Agrial en visite à Paris le 4 juin ont souhaité découvrir la structuration de la CFDT. Après une présentation de la FGA (Fédération générale agroalimentaire CFDT), ils ont rencontré Laurent Berger, auquel ils ont exposé la problématique des fusions d’entreprises. « Une CFDT uniforme me ferait peur. Ce qui vous réunit, même si vous avez des conventions collectives différentes, c’est l’élaboration de revendications pour les salariés. Ce n’est pas un drame si on n’est pas tous d’accord, l’essentiel est d’arriver à faire émerger des positions majoritaires. N’hésitez pas à demander le soutien de la FGA », a répondu le secrétaire général à Sandrine Faveris, déléguée syndicale qui soulevait cette question et qui avait co-organisé cette journée de rencontre en partenariat avec Edwina Lamoureux, secrétaire nationale à la FGA-CFDT.

La question de rémunérations

Alors que 10% des salariés d’Agrial sont payés en-dessous du Smic, en raison notamment d’un système de revalorisation des revenus décalé dans le temps, le salaire minimum a été une autre question abordée. « Il faut redonner du poids aux négociations annuelles obligatoires, a insisté Laurent Berger. Les branches doivent avoir des politiques de rémunération dynamiques tout au long de la carrière des salariés. On ne peut pas rester au Smic toute sa vie ! » Le secrétaire général a par ailleurs rappelé que la CFDT, avec d’autres organisations syndicales, défendait le principe d’un Smic européen, ce qui permettrait de contrer « le dumping social », auquel les entreprises françaises de l’agro-alimentaire sont particulièrement confrontées.

Les parts variables tels que l’intéressement et la participation sont mises en avant par les employeurs, au détriment du salaire de base, ont également fait remarquer les salariés d’Agrial. « Mais on peut faire la démonstration que lorsqu’une entreprise gagne de l’argent, elle doit en redistribuer une part aux salariés », a souligné Laurent Berger, mettant en avant que l’accord sur la sécurisation de l’emploi fournissait pour cela des outils aux représentants du personnel. Intervenir sur la stratégie économique de l’entreprise est désormais possible, en faisant notamment appel à l’expertise.

Après un échange très riche, les militants ont fait part de leur satisfaction. « On va garder le cap », ont-ils conclu dans un sourire général.

nfigarol@cfdt.fr