Fonction publique : Huit organisations syndicales réclament la suspension du projet de loi

Publié le 12/02/2019

À la veille de la séance d’installation du CCFP (conseil commun de la fonction publique) du 13 février, au cours de laquelle le secrétaire d’État Olivier Dussopt présentera les orientations du projet de loi de transformation de la fonction publique, huit des neuf organisations syndicales représentatives – CGT, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, FA-FP, CFE-CGC et CFTC –, ont diffusé un courrier commun adressé au Premier ministre

« Nos organisations s’inquiètent de l’avenir promis à la fonction publique. Face aux inégalités sociales et territoriales, au sentiment d’abandon d’une grande partie de la population, la fonction publique a un rôle important à jouer. Sans les agents, qu’ils soient dans le versant de l’État, celui de la territoriale ou de l’hospitalière, les missions indispensables des services publics au service des usagers ne peuvent être rendues, l’isolement est renforcé et les inégalités grandissent. » Ces missions font l’objet de discussions entre citoyens organisées dans le cadre du grand débat national. Dans ces conditions, les représentants des organisations syndicales, à l’exception notable de FO, ont réclamé lors d’une conférence de presse la suspension du projet de loi et du processus engagé sur la réforme de l’État.

Pas de rendez-vous salarial programmé

« Nous avons souhaité faire part de trois points qui fondent les inquiétudes des agents », a relevé Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. Un problème de qualité du dialogue d’abord. « La dernière phase d’échanges avec le gouvernement est beaucoup trop ramassée pour qu’il se donne les moyens d’entendre nos revendications, nos propositions et nos attentes. » Une question de moyens alloués aux services publics ensuite, « pour répondre aux attentes des usagers notamment en matière d’accessibilité sur les territoires ». Une revalorisation salariale, enfin, « qui passe par des mesures générales bénéficiant à l’ensemble des agents de la fonction publique ». Or l’agenda social transmis la semaine dernière « ne comporte, à ce stade, aucune indication sur la tenue d’un rendez-vous salarial », a déploré Mylène Jacquot. Cette revalorisation est pourtant particulièrement attendue. « Depuis son arrivée, le gouvernement a accumulé les mesures négatives (gel de la valeur du point, mauvaise compensation de l’augmentation de la CSG, rétablissement du jour de carence) », liste le courrier commun.

dprimault@cfdt.fr