Le quotidien syndical de la section CFDT Pôle emploi de Basse-Normandie

Publié le 11/03/2014

Une forte progression aux élections, de nouveaux élus, mais une direction sourde et des partenaires syndicaux qui s’opposent par principe… la CFDT Pôle emploi de Basse-Normandie se bat pour obtenir des résultats. Plongée dans son quotidien syndical.

« Préparer et gagner les élections » : la section Basse-Normandie de Pôle emploi a pris la formation fédérale au pied de la lettre. Lors des dernières élections professionnelles, elle a obtenu 17,79 % des voix, contre 4 % en 2009 (au niveau national, la CFDT est passée de la 4e à la 1re place avec
19,18 %). « La section a fait un travail considérable avec des moyens limités », salue Pascal Nezan, secrétaire du syndicat Pôle emploi Grand-Ouest, qui regroupe les sections de Bretagne, Centre, Basse et Haute-Normandie et Pays de la Loire.

Comme l’ensemble des sections CFDT de Pôle emploi, la Basse-Normandie a bénéficié du climat propice institué par la cohérence revendicative de la CFDT qui  a pris la mesure de la fusion, réclamé des garanties sociales à la hauteur des missions demandées aux agents, entendu la difficulté de ceux-ci à faire face à la réorganisation dans un contexte d’explosion du chômage – comme en témoigne l’ouvrage Malaise des deux côtés du guichet paru en 2011 –, réclamé et obtenu des postes supplémentaires, assumé de s’engager pour améliorer les conditions de travail des agents et d’accueil des salariés.

Un lieu d’écoute et d’échange

« Beaucoup d’anciens étaient partis et nous avons dû reconstruire une section », explique Bernard Perussel, le délégué syndical. Un petit groupe de nouveaux adhérents – la majorité a moins de trois ans d’ancienneté dans la CFDT – s’est constitué, motivé par le besoin d’une parole collective. « Pôle emploi est devenu une grande boutique où l’on n’a plus le temps d’échanger entre collègues. Le syndicat constitue un lieu d’échange et d’écoute indispensable, où l’on peut parler, confronter ses idées, les partager, faire avancer les choses. »

Aidés par le syndicat et la fédération, ils ont franchi le pas de l’engagement syndical, transformant leur ras-le-bol face au rouleau compresseur des réformes menées au pas de charge en force d’action. « La formation ‟Préparer et gagner les élections” a donné une dynamique au groupe. » Les militants ont multiplié les visites de sites, mené une campagne reposant sur l’écoute des agents et la volonté de construire des projets innovants. Résultats électoraux à la clé.

L'apprentissage des élus

L’aventure ne faisait que commencer. Bernard, Sophie, Véronique, Dominique, Pamela, Nathalie et les autres ont dû s’accrocher. « On est tout neufs, encore en phase d’apprentissage face à des élus chevronnés d’autres organisations syndicales qui n’ont pas la même volonté que nous d’être constructifs. C’est difficile de se positionner dans les différentes instances, de ne plus être aussi présents à nos postes de travail, de mesurer les marges de manœuvre locales face aux lignes directrices nationales. »

Ils croulent sous l’avalanche de réformes « qui permettent de faire avancer les choses, mais pas à marche forcée, regrette Sophie. On a à peine le temps de s’approprier un dossier que le suivant arrive. » Anne-Claire, de la section Bretagne voisine, a compté « 23 CHSCT et 29 comités d’établissement en un an : c’est impossible de faire face ! » Ce travail de titan peine à porter ses fruits en raison de l’attitude de la direction régionale, qui écoute sans entendre, mais aussi de l’opposition systématique de certaines organisations syndicales. Dernier exemple en date, l’accord senior, qui prévoyait la possibilité d’aménager son temps de travail à raison d’une journée libérée par semaine en moyenne sans perte de salaire, ne s’appliquera pas. « Si au moins ils vous avaient laissé le choix de faire un choix ! », dénonce la CFDT de Basse-Normandie dans Mégaphone, la lettre d’information qu’elle adresse à quelque 200 adhérents et sympathisants.

Un travail syndical quotidien

Vaille que vaille, les militants luttent au quotidien pour l’amélioration des conditions de travail des salariés et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, moteurs de leur engagement. Ils se réunissent une fois par mois pour définir leur positionnement dans les différentes instances et quasiment chaque semaine en plus petit comité. Une réunion mensuelle de la section permet de débattre avec les adhérents. Les visites de site se poursuivent : « On prévient les agents de notre venue par courrier. Nous les retrouvons le jour dit à la cafétéria pour ne pas entraver leur travail. On discute avec eux à bâtons rompus, on leur laisse de la documentation. Nous faisons ensuite un bilan de ce qui doit être remonté à la direction par les délégués du personnel, le comité d’établissement ou le CHSCT. »

À ce travail syndical quotidien, qu’il faut expliquer aux collègues sur lesquels se reporte la charge de travail des élus, s’ajoute la perspective des prochaines élections en novembre 2015. La section y travaille déjà. « On regarde nos axes de progrès, les revendications sur lesquelles nous avons obtenu des résultats, celles qu’il faudra porter à nouveau. On cherche aussi de nouveaux venus qui veulent s’investir. » Un travail de longue haleine guidé par la volonté d’obtenir des résultats.

aseigne@cfdt.fr

     
   

Des nouveaux adhérents

De 2009 à 2014, la section est passée d’une vingtaine d’adhérents à 55 aujourd’hui. Outre la sécurité que procure l’adhésion syndicale, leur première motivation est de trouver un lieu d’écoute et d’expression, aujourd’hui inexistant dans l’entreprise.

De bons résultats aux élections

La section CFDT de Basse-Normandie est passée de 4 % aux élections professionnelles de 2009 à 17,79 % en 2012, grâce au positionnement de l’ensemble de la CFDT au niveau national et à ses bonnes pratiques de terrain. Mais elle peine à faire valoir sa place face au SNU (35 %) et à la CGT (30 %), la CGC (12,7 %) ayant un positionnement moins prévisible.

Une pratique de section exemplaire

Une rencontre mensuelle avec les adhérents, des compte-rendu régulier auprès des adhérents et sympathisant, des tournées de sites auprès des agents, une réunion mensuelle entre militants pour coordonner les positionnements de la CFDT dans les différentes instances, des préparations autant que de besoin des instances, une réunion mensuelle du syndicat pour assurer la diffusion des informations entre ses cinq sections et les remontées du terrain vers la fédération… la CFDT de Basse-Normandie mène un travail syndical exemplaire.