Un accord Pacte de responsabilité engageant dans les assurances

Publié le 05/12/2014

Des objectifs d’embauches chiffrés, des engagements sur la formation des salariés et l’insertion professionnelle : au terme d’une négociation compliquée, la branche des assurances vient de conclure un accord Pacte de responsabilité qui porte jusqu’en 2020.

« Un accord prometteur ». C’est ainsi que la CFDT Banques et Assurances a qualifié l’accord Pacte de responsabilité conclu ce 5 décembre dans la branche des sociétés et mutuelles d’assurances, après la métallurgie et la chimie : « Les engagements concrets de cet accord vont dans le sens des revendications de la CFDT en matière d’emploi, de compétitivité…, et renforcent l’idée que la performance sociale est aussi un levier de la performance économique. »

Emploi, insertion, formation

L’accord prévoit 38 000 embauches d’ici 2017. L’alternance sera l’une des priorités, avec un objectif de 5 000 alternants d’ici 2017. « Toutes les entreprises de la branche devront en accueillir et au moins 20% devront rester en CDI à l’issue de leur formation », souligne Daniel Kayat, secrétaire général adjoint de la fédération. Autre engagement quantitatif, les contrats de génération seront majorés de 20% par rapport à l’objectif initial. Pour rappel, la branche avait été la première à signer un accord contrat de génération, en avril 2013, qui prévoyait l’embauche de 2 000 jeunes en contrat à durée indéterminée et le maintien dans l’emploi d’autant de seniors. Les embauches de jeunes éloignés de l’emploi devront également augmenter de 20%, tandis que des dispositifs pour développer l’insertion des personnes en situation de handicap sont mis en place. Compte tenu de la montée en puissance de nouveaux métiers et technologies, la CFDT a également insisté sur l’employabilité des salariés en poste. Un socle de compétences digitales minimales nécessaires à l’exercice de leur métier, certifié, sera défini par les partenaires sociaux en 2015.

Rapport de forces

Cerise sur le gâteau, l’accord porte jusqu’en 2020, avec une clause de revoyure en 2017 afin de définir les objectifs pour 2018-2020. « Nous, dans les assurances, on aime les contrats qui durent », plaisante Daniel Kayat, pour qui il était indispensable de déconnecter ce pacte de responsabilité de toute échéance politique.

Un tel accord n’était pourtant pas gagné d’avance, loin de là. « La négociation a été compliquée, sur le contenu, sur la durée », souligne le responsable syndical. Face au refus initial des employeurs du secteur de s’engager sur un quelconque objectif chiffré, « on a fait jouer le rapport de forces ». C’est la CFDT qui a fait chiffrer les embauches possibles – et réalistes – par des experts. « On a rencontré les grandes entreprises du secteur, on a mobilisé les équipes syndicales. » Une bonne façon aussi de les sensibiliser au travail qui les attend désormais. « Cet accord de branche n’est que le commencement, insiste Daniel Kayat. Maintenant, il faut que dans chaque entreprise de la branche, ces engagements soient portés et traduits concrètement, parce que c’est dans les entreprises qu’on embauche. »

Désormais, ça se jouera donc à ce niveau, mais aussi dans les autres branches, invite la fédération : « La CFDT espère que cette signature incitera les autres secteurs à négocier des accords relatifs au pacte de responsabilité aussi prometteurs. »

aseigne@cfdt.fr

photo © Gilles Rolle/Réa

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