Le Net-service de la CFDT chez Flunch

Publié le 19/05/2015

Avec son Forum d’échanges sur internet, l’équipe CFDT de Flunch rend un service apprécié aux adhérents et aux salariés, qui y trouvent des informations pratiques mais aussi syndicales très utiles.

« Pendant ma formation sur la syndicalisation, j’ai eu le déclic : ce qui fait vivre la CFDT, son carburant, ce sont les adhérents. À partir de là, j’ai proposé la création d’un Forum sur internet comme un véritable service aux adhérents et aux salariés de Flunch, une sorte de lieu d’échanges dans cette entreprise qui compte 170 restaurants [ainsi que 80 franchisés] répartis dans toute la France », raconte José Ozores, délégué syndical national (DSN) travaillant au Flunch Carré Sénart (Seine-et-Marne). Quelques semaines plus tard, en octobre 2014, lui et Grégory Dubois, délégué syndical central (DSC) basé au Flunch de Longuenesse (Pas-de-Calais), lancent ce nouvel outil sur le Net. « Ça nous a coûté zéro centime mais valu beaucoup d’heures de travail ! », admet ce dernier. Le résultat est à la hauteur : depuis décembre, le nombre d’inscrits croît tous les mois. « On a décidé qu’il serait en accès libre, la seule condition étant de s’inscrire avec une adresse mail. »

Un outil qui suscite l’adhésion

« Quand on possède des rudiments en informatique, la création d’un forum en ligne ne demande pas plus de quelques minutes, affirme José Ozores ; ce qui est long, c’est de le faire vivre. » L’équipe CFDT décide donc de publier tous ses communiqués, ses comptes rendus de négociation, ses tracts, ses affiches à l’attention des équipes syndicales, mais aussi de répondre aux demandes des internautes. Dans les 31 restaurants Flunch où sont présents des adhérents CFDT, cet outil a immédiatement suscité des retours. « On nous interroge, par exemple, sur les jours fériés. Nous publions un article expliquant comment ils sont payés, comment on peut les prendre, etc. », explique le DSN, qui fait appel aux compétences de tous les délégués CFDT afin de faire face à la demande. Parfois, l’équipe propose d’elle-même des articles sur des thématiques susceptibles d’intéresser les salariés. Parmi les 7 189 salariés de l’enseigne, seuls 1 859 sont à temps complet. Sinon, ce sont des temps partiels : de 15 heures pour les étudiants, de 25 à 32 heures pour les autres.

   


Une CFDT bien implantée

Les élections de 2013 chez Flunch ont donné 28 % des voix à la CGT, 25,49 % à la CFDT, 21,94 % à Force ouvrière, 20,96 % à la CFTC et 3,6 % à la CGC. Bien que deuxième organisation, la CFDT possède davantage d’élus car elle est présente dans plus de sites que la CGT (mieux implantée dans les restaurants employant beaucoup de personnel).

Un contexte de plus en plus concurrentiel

Après la fermeture des restaurants de Montigny-le-Bretonneux, Metz centre, Lille centre et Bourg-en-Bresse, « la situation économique de l’enseigne semble se stabiliser malgré un contexte de concurrence de plus en plus sévère, affirme le DSC Grégory Dubois. Il n’en reste pas moins que la participation cette année sera proche de zéro ! »

Superbranchée, la CFDT de Flunch !

Outre le forum, qui attire nombre de salariés vers la CFDT, l’équipe CFDT joint deux Flashcode à toutes ses publications papier qui renvoient sur le forum et sur la page Facebook.

   

Le forum propose également aux salariés une carte de France des délégués syndicaux avec photos et coordonnées. Et ça marche ! « Les gens nous repèrent sur le forum, nous contactent… et nous les rencontrons », assure José Ozores. Deux nouvelles sections CFDT ont vu le jour grâce au forum sur les quatre créations des six derniers mois, et dix au cours des deux dernières années. C’est le cas à Varennes-sur-Seine (Seine-et-Marne), où Dominique Kissa et Anne-Lise Naglik ont rejoint la CFDT en décembre 2014. « Nous avons pas mal de problèmes liés au planning, confient les deux adhérentes. Ce sont toujours les mêmes qui bénéficient en priorité des week-ends et, à l’inverse, souvent les mêmes qui font les fermetures. » Depuis janvier 2014, cinq directeurs se sont succédé à la tête de ce restaurant de 28 salariés, qui en attendaient un sixième au début de ce mois. N’empêche, ces deux salariées se sentent plus écoutées depuis qu’elles ont adhéré.

« Le trafic généré par le forum nous permet de vérifier que nous sommes bien en phase avec les salariés. Les statistiques de fréquentation de certains articles que nous avons écrits ou que nous relayons indiquent que nous sommes sur la bonne voie », estime José Ozores. En ces temps de difficile négociation annuelle obligatoire (NAO), ce support se révèle approprié.

La CFDT a présenté aux NAO un cahier revendicatif étoffé portant notamment sur des augmentations salariales, le versement par l’entreprise des indemnités journalières en cas de maladie ou d’accident du travail (subrogation), la revalorisation des primes des moniteurs et animateurs de service, le maintien des gratifications sans pénalités en cas d’accident de trajet, une définition du statut des techniciens de maintenance, de vrais week-ends (samedi-dimanche, et non dimanche-lundi), un week-end de repos précédant les congés payés et l’instauration d’une heure de battement entre chaque poste.

Cette année, la direction a accepté quelques revendications. Concernant les salaires, la CFDT a obtenu de 0,6 à 1 % d’augmentation pour trois niveaux ainsi qu’une revalorisation de l’allocation repas, à 10,60 euros. Au sujet du statut des techniciens de maintenance, des avancées se profilent. « Il n’y a pas de définition de poste, pas de reconnaissance salariale, pas de formation spécifique, affirme Éric Gibard, technicien de maintenance au restaurant d’Évry. On doit chercher nous-mêmes les informations sur les évolutions législatives relatives aux établissements recevant du public. On consacre très peu de temps à la prévention, l’essentiel est dans le curatif. Bref, il y a besoin d’avancer vite sur cette question. »

Une consultation en direct

Cette avancée semble de bon augure aux yeux d’Éric Baudier, également délégué syndical national et employé au restaurant de Villebon : « À un moment où l’entreprise est déficitaire pour la première fois de son histoire, où quatre restaurants ferment, on sent une volonté de rajeunir le concept vieillissant de Flunch et de miser sur le personnel en le revalorisant et en relançant la promotion interne. Jusqu’ici, la préférence allait aux embauches extérieures – au détriment des salariés en place, qui sont pourtant attachés à l’enseigne. »

À la suite de la NAO, l’équipe a consulté ses adhérents en direct et grâce au forum. « Nous avons décidé de signer l’accord, bien qu’il soit en deçà de nos revendications… que nous remettrons sur la table à la prochaine occasion ! », assure Grégory Dubois. Cela tombe bien puisque la direction veut s’engager dans de nouvelles négociations dès juin. Elles aborderont les questions relatives aux temps partiels (week-end comprenant samedi et dimanche et week-end d’avant la prise de congés payés). « Pourquoi pas, s’exclame Grégory Dubois, mais quelle sera la contrepartie demandée ? Nous restons vigilants ! »

dblain@cfdt.fr

   


Flunch en chiffres

• Flunch possède 250 restaurants répartis sur le territoire national et employait 7 189 salariés, dont 1 859 à temps complet, en 2013.

• Flunch est une enseigne d’Agapes Restauration (qui appartient à Auchan). Ce groupe possède également les enseignes Pizza Paï, Amarine, Les 3 Brasseurs, SoGood café. Agapes est le troisième groupe sur le marché de la restauration commerciale en France et le quinzième à l’échelle européenne.