Grand débat national : La CFDT veut pousser ses propositions

Publié le 16/01/2019

Un mois après en avoir annoncé la tenue, Emmanuel Macron a lancé ce 15 janvier, dans une petite commune de l’Eure, le grand débat national. Une consultation à grande échelle menée jusqu’à la mi-mars sur tout le territoire.
La CFDT compte bien y pousser ses propres propositions.

Dans sa lettre aux Français, le chef de l’État a pris soin de décliner les quatre grands thèmes retenus (pouvoir d’achat, fiscalité, démocratie et transition écologique) en 34 questions. Mais le flou demeurait sur les modalités techniques. Il a été partiellement levé le 14 janvier par le Premier ministre.

Quel déroulement ? Les propositions des citoyens pourront être recueillies dans les réunions publiques (dont les lieux et horaires seront indiqués sur https://granddebat.fr ) mais également en ligne, par voie postale ou auprès des « stands de proximité » et lieux de travail, précise Matignon. En outre, tout acteur local (hormis les maires, donc) pourra organiser et animer un débat. Ces débats, la CFDT a décidé de s’y investir et d’y pousser ses propositions. « On ne peut pas dénoncer la vision verticale du pouvoir et ne pas se saisir de cette opportunité », rappelait Laurent Berger. Pour alimenter la réflexion des participants, un support revendicatif autour des grands thèmes retenus et des domaines d’action possibles, déclinable en fonction des réalités locales, sera proposé dans les prochains jours aux militants et adhérents CFDT.

Dans quelles conditions ? Selon la CFDT, les conditions d’indépendance et de bonne tenue des débats doivent être posées. « Si les coordinateurs du débat sont issus du gouvernement, les garants doivent être totalement indépendants », insiste Laurent Berger. Sur ce point, le nom des cinq garants de la neutralité du débat ne devrait être dévoilé qu’en fin de semaine.

Pour quel débouché ? C’est l’autre condition posée par la CFDT pour la réussite de ce débat : qu’il serve à quelque chose. « Au-delà de l’expression citoyenne, la démocratie participative doit s’articuler avec le retour d’un véritable dialogue avec les corps intermédiaires. » À l’échelle nationale, elle demande la tenue dès la fin du débat d’un « Grenelle du pouvoir de vivre » rassemblant acteurs sociaux, économiques, territoriaux et associatifs en vue d’aboutir à des propositions concrètes. « Il faut que la décision sociale soit également participative. Si le gouvernement tranche seul, le grand débat n’aura pas atteint ses objectifs. »

aballe@cfdt.fr

photo © JC Moschetti / Réa