Grand débat national : Et maintenant ?

Publié le 20/03/2019

La première phase du grand débat national s’est achevée ce 15 mars. Des deux derniers mois, on retiendra ces chiffres : 10 000 réunions locales, auxquelles ont participé près de 500 000 personnes, 16 000 cahiers de doléances mis à la disposition des citoyens dans les mairies, 1,6 million de contributions… preuve s’il en était besoin, de la soif de démocratie participative qui anime le pays. 

On retiendra également que parmi ces contributions, dix-neuf organisations, dont la CFDT, ont choisi de porter ensemble leur « pacte du pouvoir de vivre », une plateforme de 66 propositions donnant à voir un projet de société qui allie préoccupation écologique et progrès social.

Dans la dernière ligne droite de cette consultation citoyenne à grande échelle, ces mêmes organisations ont participé, les 11 et 13 mars, aux conférences nationales organisées par le gouvernement. Réunissant associations, partenaires sociaux et associations d’élus locaux, ces conférences ont tourné autour des quatre thèmes du grand débat – transition écologique, démocratie et citoyenneté, services publics et fiscalité. La CFDT y était présente (contrairement à d’autres syndicats…) pour porter, débattre et confronter ses propositions. Certaines semblent d’ailleurs faire consensus : le renforcement de la démocratie sur les lieux de travail et de la participation des citoyens aux décisions, la mise en place d’un socle commun de services publics dans les territoires ou encore la nécessité d’une réforme fiscale plus juste et plus progressive.

Un mois pour trancher

Que faire, désormais, de cette multitude de contributions citoyennes ? Édouard Philippe a demandé « une phase de digestion » afin d’analyser ces propositions. L’exécutif se laisse un mois pour en tirer les conclusions et donner « les grands axes de réponse ». Mais certaines annonces pourraient ouvrir des chantiers sur le long terme, sous différentes formes : projet de loi, référendum, Grenelle social… Cette dernière piste est toujours réclamée par la CFDT, selon qui les conférences nationales de ces derniers jours ne sauraient suffire à prendre en compte les attentes de la société civile organisée. « Avec les signataires du pacte, nous avons démontré la maturité de la société civile à dépasser la diversité des intérêts de chacune des organisations. Il nous appartient de le faire vivre pour maintenir ce rapport de force et ne pas laisser l’exécutif décider seul des conclusions du grand débat », plaide la première force syndicale du pays.

aballe@cfdt.fr