Laurent Berger au Salon de l’agriculture : l'emploi, une priorité

Publié le 28/02/2013
Le 26 février dernier, Laurent Berger était présent au Salon de l’agriculture, où il a porté la parole des salariés auprès des représentants des employeurs et du gouvernement.

« Notre projet est crédible. Il permettra de conserver un maximum d’emplois en maintenant l’activité du site », affirment Yvon Gérard, délégué syndical central de Candia, et Romain Pottier, délégué syndical de l’usine de conditionnement du Lude (Sarthe), menacée de fermeture. Mardi 26 février, les militants ont échangé avec Laurent Berger sur le stand de la FGA-CFDT au Salon international de l’agriculture, soulignant que la direction de Candia persistait dans son mutisme malgré leur proposition, qui s’appuie pourtant sur une étude approfondie menée avec le cabinet d’expertise Syndex. Pour les délégués syndicaux comme pour la fédération qui les soutient activement, il est impensable de fermer une usine dont les produits dégagent les marges les plus élevées du groupe, qui représentent une part de marché très importante et dont les ventes ne cessent de progresser !

La situation de Candia est emblématique. Si, comme d’autres groupes de la filière agroalimentaire, Candia n’a pas suffisamment anticipé les évolutions économiques, il est paradoxal que la direction du groupe envisage aujourd’hui de sacrifier des sites avec des activités à forte valeur ajoutée comme celui du Lude, alors que c’est précisément ces productions qu’il faudrait développer.

Rappelant que l’emploi doit être une priorité pour tous les acteurs, Laurent Berger a porté la parole des salariés auprès des organisations d’employeurs, et notamment les représentants de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), des entreprises coopératives (Coop de France), de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) et de la CNMCCA (Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles). Le secrétaire général de la CFDT a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue social non seulement dans les entreprises en difficulté, mais aussi en vue d’établir un constat partagé entre salariés et employeurs quant à la situation économique des entreprises. Alors que les investissements du secteur agricole et de l’industrie de transformation dans la recherche, l’innovation et le développement de l’appareil productif sont insuffisants, le secrétaire général a rappelé combien il est indispensable d’anticiper les mutations sur les moyen et long termes, mettant en avant les outils apportés par l’accord national interprofessionnel relatif à la sécurisation de l’emploi pour permettre cette démarche.

Au cours de cette journée, Laurent Berger a également rencontré le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll, ainsi que le ministre délégué à l’agroalimentaire Guillaume Garot. Alors que le gouvernement vient de relancer le comité stratégique de la filière agroalimentaire, Laurent Berger et Patrick Massard, secrétaire général de la FGA-CFDT, ont mis en avant les propositions de la fédération en vue de consolider et de créer des emplois dans ce secteur qui rassemble plus de 500 000 emplois, soit le premier de l’industrie française. Soulignant le caractère indispensable de mesures d’urgence (chômage partiel, formation, développement des qualifications professionnelles) pour les secteurs en difficulté comme les productions animales ou les fruits et légumes, ils ont rappelé qu’il fallait conditionner les aides afin que les employeurs s’engagent dans des politiques de formation et de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Au-delà des mesures d’urgence, les responsables CFDT ont insisté sur l’importance de mettre en place des cellules de veille à l’échelle des territoires, afin notamment de mieux adapter l’offre de formation à l’évolution des métiers. Mieux valoriser les productions en se positionnant sur la qualité, renforcer la traçabilité et l’étiquetage pour éviter les dérives observées actuellement avec l’affaire de la viande de cheval et redonner les moyens de contrôle sanitaire aux agents de l’État : ce sont autant de mesures absolument nécessaires qui ont été également défendues par la CFDT auprès des pouvoirs publics. Des propositions qu’elle continuera d’étayer au cours des travaux du comité stratégique qui doivent aboutir à l’adoption d’un contrat de filière à la fin du mois de mai.

nfigarol@cfdt.fr