La tension monte chez Carrefour

Publié le 27/03/2018

Après une première mobilisation le 15 février, la CFDT de Carrefour appelle les salariés à la grève générale le samedi 31 mars suite auxannonces par le PDG du groupe de suppression d’emplois.

« Le 31 mars, l’appel à la grève générale de l’intersyndicale va être suivi par une très forte mobilisation. » Sylvain Macé, le délégué syndical national CFDT de Carrefour, prévient : « Les salariés du groupe ont le sentiment de subir une double peine : non seulement ils vont perdre des emplois avec le plan de 5 200 suppressions de postes mais ils seront également impactés par une baisse du pouvoir d’achat. » D’ailleurs, la tension est telle que certains entrepôts ou magasins se sont déjà mis en grève, comme à Marseille Grand Littoral le 20 mars ou dans des sociétés du groupe auxquelles des augmentations de pouvoir d’achat de seulement 0,4 ou 0,5 % ont été proposées.

Pas de dividendes cette année pour les actionnaires !

En fait, c’est une véritable conjonction de mauvaises nouvelles qui s’abat sur les 110 000 salariés du groupe. Aux 5 200 suppressions d’emplois annoncées viennent s’ajouter la mise en location-gérance de cinq magasins dès juin et des négociations salariales décalées ou au rabais. Lors de la réunion du 14 mars, la direction a proposé de compenser la baisse de la participation – 57 euros alors qu’elle a pu représenter dans le passé jusqu’à un mois de salaire – par un supplément d’intéressement de 350 euros ! « Cela fait un total de 407 euros de participation pour l’année alors que l’an passé elle était de 610 euros, soit une baisse de 203 euros », explique Sylvain Macé. Ces chiffres sont à mettre en regard des 7,7 milliards de bénéfices réalisés par le groupe entre 2010 et 2018 et des 356 millions de dividendes qui devraient être versés cette année aux actionnaires. La CFDT maintient d’ailleurs sa revendication que Carrefour ne verse pas de dividendes aux actionnaires cette année afin de « partager les efforts ».

dblain@cfdt.fr

Photo © Ian Hanning /réa