La section du Conseil départemental du Pas-de-Calais passe le cap des 1 000 adhérents

Publié le 07/08/2019

En cinq ans, le nombre d’adhérents CFDT du Conseil départemental du Pas-de-Calais a grossi d’un tiers. Ils sont désormais plus de mille. Une solide assise qui pèse lors des élections et des négociations.

Le 11 octobre 2018, le rouge des briques du conseil départemental du Pas-de-Calais à Arras vire soudain à l’orange. Plus de 150 militants CFDT occupent la salle de réception dans un joyeux brouhaha. En pleine campagne des élections dans la fonction publique, la section profite de la venue de Laurent Berger pour fêter comme il se doit son millième adhérent. Michaël, agent technique au collège Pablo Neruda de Vitry-en-Artois, et cédétiste depuis quelques jours, monte timidement à la tribune pour la photo : « Ce qui est frappant, c’est la dynamique qui est la vôtre, lance le secrétaire général de la CFDT à l’assemblée. Dans un monde de plus en plus incertain, nous avons besoin d’une organisation collective qui porte des valeurs. » Et qui les portent en nombre.

Plus d’agents qui votent… et plus d’adhérents CFDT !

     

L’adhésion, ça s’apprend
« Pour une section qui veut se développer, il y a une étape incontournable : la formation. » D’après le secrétaire de section, Michel Viseur, la formation « Proposer l’adhésion », organisée par la Fédération Interco et suivie par l’équipe du département du Pas-de-Calais en 2015, a permis à ses membres de passer un cap. « Avant, la proposition de l’adhésion n’était pas systématique. Désormais, elle l’est dans chacune de nos actions. »

Un bulletin sur chaque tract
Plus le moindre tract ou tout autre support de communication sans son bulletin d’adhésion. Difficile d’évaluer le nombre d’agents qui ont pris la décision d’adhérer à la lecture d’une production de l’équipe CFDT, mais ce réflexe part d’une idée toute simple : seuls les agents à qui l’on propose l’adhésion adhèrent ! Ce systématisme est appliqué dans un autre domaine : la radiation des adhérents. Dès qu’une radiation est connue, un des membres permanents rappelle l’agent afin d’en connaître la raison.

Le quadrillage du territoire
Difficile de faire du syndicalisme dans un périmètre aussi vaste que celui d’un département. « Entre Calais et Arras, il faut compter une heure et demie de trajet. Est-ce qu’il ne faut pas une tête de pont par territoire ? », s’interroge le permanent CFDT Cyril Douchin, pour deux raisons : coller aux réalités géographiques et faciliter le renouvellement de l’équipe militante.

     

Depuis 2013, les effectifs de la section du conseil départemental ont gonflé d’un tiers, passant de 759 à 1 028 adhérents. Pas mal pour une administration qui compte à peu près 7 400 agents. « Plus 33 % en cinq ans. À ce rythme-là, on explose les objectifs nationaux de 10 % d’augmentation du nombre d’adhérents d’ici à la fin du mandat », sourit le secrétaire Michel Viseur, convaincu de l’utilité de miser sur la syndicalisation afin de doper le développement. Bien vu. Quelques semaines plus tard, ces chiffres trouvent une traduction très concrète dans les urnes. La CFDT du conseil départemental du Pas-de-Calais engrange à elle seule plus de 43 % des voix en comité technique, une progression de 3 points par rapport à 2014. CAP A, CAP B, CAP C : tous les clignotants sont au vert. Idem en ce qui concerne la dernière-née des instances : la CCP (commission consultative paritaire), créée pour défendre la situation individuelle des contractuels. « Nous pouvions craindre la montée en puissance du vote contestataire ou une plus forte abstention avec la crise des gilets jaunes », note Michel. Il n’en a rien été. Au contraire. À rebours de la tendance nationale, les élections dans le Pas-de-Calais ont attiré plus d’électeurs que les autres années. De fait, avec un taux de 55 %, la participation est en hausse de 10 points.

De quoi donner encore plus de retentissement aux résultats de la première organisation syndicale du département. « Bien sûr qu’on s’appuie sur le nombre de nos adhérents dans le cadre des élections, approuve le secrétaire général. Mais on n’a pas attendu la veille pour s’y préparer. Cela faisait quatre ans, c’est-à-dire tout le temps du mandat précédent, que nous les avions en tête. Ces résultats sont le fruit d’un travail quotidien, régulier et constant. »

Un quadrillage maximal du département

Certes, dans la dernière ligne droite, la mobilisation des militants lorsqu’il s’est agi de passer des coups de fil aux électeurs étourdis ou retardataires a sans doute permis de glaner quelques points : « Nos appels étaient très ciblés pour faire voter nos adhérents au maximum », souligne le permanent Cyril Douchin. Au final, 87,7 % d’entre eux se sont exprimés. Mais c’est au long cours que la victoire s’est dessinée. « Nous n’avons pas de recette miracle », prévient Michel. Les militants préfèrent mitonner leur potion avec une multitude d’ingrédients. Le premier d’entre eux : l’utilisation de toutes les possibilités qu’offre le droit pour intervenir auprès des agents. Dans la fonction publique territoriale, les organisations syndicales représentatives ont la possibilité d’organiser des réunions mensuelles d’information au personnel. Les agents peuvent y participer pendant leur service, dans la limite de douze heures par an. L’équipe CFDT du Pas-de-Calais en use pleinement. « Nous associons toujours un permanent et un agent en poste pour animer ces rencontres, insiste Cyril. Nous écoutons, relayons les attentes qui correspondent à nos valeurs et nous y répondons. Mais nous sommes aussi capables de dire non quand une revendication ne tient pas la route. » « Nous avons la chance d’avoir à notre disposition de nombreux argumentaires, ça aide, complète Michel. L’exemple de PPCR [parcours professionnels, carrières et rémunérations] est intéressant en cela. Les gens se perdent dans les principes des déroulements de carrière. Les indices, les échelons, les échelles… souvent, ils mélangent un peu tout. Grâce à cet accord, nous avons pu faire de la pédagogie et expliquer nos positions. » Ces réunions mensuelles permettent aussi d’assurer la présence de la CFDT sur un territoire de près de 6 700 kilomètres carrés, sur lequel sont éparpillés 25 maisons du département et 126 collèges. « En quatre ans, nous avons réussi à passer dans tous les collèges du département, se félicite Sébastien Hoguet, membre du bureau et agent de maintenance. Lors de chacune de ces interventions, nous proposons l’adhésion. Petit à petit, nous faisons notre trou dans un secteur historiquement attaché à la CGT. » La preuve ? Michaël, le millième adhérent, travaille dans un de ces établissements du secondaire. Il a rejoint la CFDT à la suite d’une heure mensuelle d’information. Ce souci de proximité n’est pas que géographique. Il est également professionnel.

Une connaissance approfondie des différents métiers

En quelques années, l’équipe CFDT a tissé sa toile auprès des 2 000 assistants familiaux du département grâce à sa connaissance des particularités de ce métier. Maryse Hérissé a rejoint l’équipe de permanents à la fin 2013. Sur son curriculum vitæ, plus de vingt ans d’expérience d’assistante familiale. « J’ai longtemps fait le lien entre le département et les 60 assistantes familiales du secteur de Lens », explique-t-elle. Le métier, elle le connaît. Ses contraintes aussi. « Nous avons obtenu des avancées comme la prise en compte de l’ancienneté, le maintien de salaire en cas d’enquête judiciaire, l’accès des retraités au comité des œuvres sociales, énumère Maryse. Mais on ne vend pas du rêve. Réclamer pour une assistante la possibilité d’être relayée quand les enfants ne quittent jamais le foyer, on sait que ça n’aboutira pas. Nous préférons nous concentrer sur ce qu’il est possible d’obtenir. » Un gage de sérieux qui fait la signature de la CFDT. « Actuellement, les agents sont confrontés à de nombreuses réorganisations de services. Quand un adhérent est concerné, nous prenons systématiquement contact avec lui. Sinon, nous allons à la rencontre des agents », décrit le secrétaire de la section. Ce sont ces échanges qui fondent la position des élus CFDT en comité technique, sans dogmatisme.

Un tract distribué après chaque instance

« Nous avons voté pour la réorganisation de la communication mais contre celle du pôle social, illustre Cyril. Le département en profitait pour diminuer les moyens et détruire des postes par des départs en retraite non remplacés. » Après chaque instance, un tract revient sur les décisions prises par la délégation CFDT. En toute transparence. « La communication, c’est important, relève Géraldine Brasseur, la trésorière adjointe. Dans ce domaine, on a progressé. Auparavant, nous étions précis dans nos écrits mais nous ne donnions pas envie de lire. Maintenant, nous soignons la forme. Pendant la campagne électorale, nos tracts étaient illustrés par des photos représentant de vrais agents dans de vrais services ! » Un détail ? Peut-être pas.

hebdo@cfdt.fr

     

Repères

• Situé à Arras, le Conseil départemental du Pas-de-Calais regroupe huit territoires d’intervention. Les 7 400 agents qui y travaillent sont répartis dans une centaine de métiers liés à l’enfance (accueil, scolarité…), l’emploi et l’économie, le cadre de vie (urbanisme, transports…), la solidarité, le sport et la culture.

• En 2018, la CFDT obtient 43,58 % des voix au comité technique et cinq sièges, loin devant la CGT (30 %), FO (14,78 %) et Sud (11,62 %). La section compte actuellement 1 028 adhérents.