Anticiper plutôt que restructurer, grâce à la loi sécurisation de l’emploi

Publié le 03/10/2014

Le 2 octobre, la secrétaire nationale Marylise Léon a débattu de l’accord sécurisation de l’emploi avec le Medef breton à l’occasion des 25 ans de Catalys Conseil, qui accompagne les changements dans les entreprises du Grand Ouest. 

« Les reclassements n’ont pas été mauvais. » Dans la bouche d’Émile Marion, délégué syndical CFDT de Novandie, une entreprise bretonne de l’agroalimentaire frappée par un important PSE en 2013, cette litote vaut compliment. Elle s’adresse à Catalys Conseil qui fêtait ses 25 ans d’existence le 2 octobre à Rennes.

Fondé à l’initiative de la CFDT-Bretagne et du patronat breton, ce cabinet est spécialisé dans l’accompagnement des changements dans l’entreprise, dans le recrutement, le reclassement, le coaching et l’appui aux ressources humaines. Il compte aujourd’hui une centaine de salariés et a élargi son champ d’action aux Pays de la Loire. Pour célébrer cet anniversaire, une matinée-débat était organisée dans les locaux de la Chambre des métiers de Rennes.

Les têtes d’affiche de cette matinée, Marylise Léon, secrétaire nationale de la CFDT, et Christophe Coriou, responsable du secteur éducation-formation du Medef national, ont décrit l’accord national interprofessionnel (Ani) sur la sécurisation de l’emploi de 2013, signé, entre autres, par ces deux organisations. Pour Marylise Léon, « cet accord est tentaculaire, parce qu’il a encore des prolongements aujourd’hui, et révolutionnaire car il fait du dialogue social un levier du changement dans les entreprises ». Christophe Coriou estime, lui, qu’il donne davantage de libertés aux entreprises « mais aussi davantage de responsabilités ».

Anticipation et formation pour les salariés et les chefs d’entreprise

Au cours des deux tables rondes qui ont suivi, le terme « anticipation » a fait consensus auprès des différents intervenants : Émile Marion, le délégué syndical CFDT, pour regretter justement qu’il n’y en ait pas eu chez Novandie, ce qui a eu pour conséquences des dizaines de licenciements ; Cédric Malengreau, DRH-adjoint au Crédit Mutuel de Bretagne, pour constater, au contraire, que l’anticipation, à travers la mise en place d’une GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) précoce, a permis d’éviter tout licenciement dans cette banque ; Philippe Rouault, du Medef Bretagne, pour promouvoir davantage d’anticipation et de formations, aussi bien pour les salariés que pour les chefs d’entreprise. Isabelle Bodin, consultante RH à Catalys Conseil, pour constater « qu’anticiper, c’est se donner un temps pour se poser et réfléchir, c’est toujours une valeur ajoutée pour les entreprises ».

Donner du sens aux changements

En conclusion, Marylise Léon a insisté sur la « nécessité de faire la promotion de nos accords » et a appelé les chefs d’entreprise à donner « du sens aux changements, sans quoi les salariés se sentent abandonnés face aux restructurations ». 

dblain@cfdt.fr