La CFDT marque des points aux Finances publiques

Publié le 13/03/2015 (mis à jour le 17/03/2015)

La section des finances publiques du Loiret, forte de ses résultats aux élections et de sa stratégie de développement, accompagne des agents éprouvés par une fusion des services toujours en cours.

À la cité administrative Coligny à Orléans, un étage au-dessus des guichets d’accueil du service des impôts des particuliers, le local syndical de la CFDT des Finances publiques du Loiret croule sous les cartons de tracts divers et de matériel de campagne. Les cartes-réponses orange « Une carte, une idée ! », distribuées par les militants avant les élections professionnelles du 4 décembre 2014, révèlent les préoccupations quotidiennes des agents invités à s’exprimer par ce biais. « Remplacer les collègues partis à la retraite », « recruter davantage d’agents », « supprimer les indicateurs de productivité »… : autant de suggestions qui reflètent l’anxiété de nombre d’entre eux.

Des tournées régulières dans les services

La démarche de proximité a payé. La section CFDT a gagné, le 4 décembre dernier, la place de première organisation syndicale avec 28 % des voix. « Première organisation dans un contexte très concurrentiel, précise avec fierté Thierry Bienvenu, secrétaire de la section CFDT. Nous avons subi des attaques assez violentes de la part des autres organisations, très corporatistes. Mais nous sommes les seuls à faire régulièrement des tournées dans tous les services, et nous n’attendons pas les échéances électorales pour cela. Juste retour des choses, nous avons des élus partout, des centres les plus importants jusqu’aux plus petites trésoreries. » Une implantation qui, très logiquement, facilite le développement. « Dès qu’un agent est muté dans le Loiret, nous le contactons, nous lui proposons de l’aider, notamment de défendre son dossier au sein des CAPL [commissions administratives paritaires locales], qui décident de l’avancement et des mutations. » Or le Loiret est à mi-chemin entre le Nord, où les fonctionnaires sont affectés en début de carrière, et le Sud, très demandé, et pas seulement par les sudistes d’origine. Le résultat, c’est une section forte de 95 adhérents, soit 10 % des effectifs de la DGFiP du Centre, la direction générale des finances publiques de la région.

       
   

Tournées
L’équipe se répartit deux tournées de services par semaine, en binôme, en ciblant à chaque fois un gros centre et deux petites structures. Cela permet de couvrir tout le département, et d’être en contact au moins une fois avec chacun des agents répartis sur plus de 30 sites.

Nouveaux élus
En région Centre, 12 nouveaux élus CFDT siègent depuis le début janvier dans les comités techniques locaux (CTL), instance consultative sur les conditions de travail, l’organisation et l’évolution des métiers, et les commissions administratives paritaires locales (CAPL), qui gèrent individuellement les carrières, les mutations, l’évaluation des agents.

Dans le Loiret, la CFDT a obtenu 3 sièges sur 9 au CTL (au lieu de 2 sur 10), 1 siège sur 3 à la CAPL en catégorie A, 2 sièges sur 6 à la CAPL en catégorie B et 2 sièges sur 6 à la CAPL des agents de catégorie C.

Respect des règles
« Nous veillons à ce que les règles de mutation et les droits des agents soient respectés en toute impartialité, indique Thierry Bienvenu, que les agents soient issus du Trésor ou des impôts. Nous empêchons parfois des mises au placard. » La section est attentive au déroulement des nouveaux entretiens d’évaluation, qui remplacent la notation des agents.

   

Témoins de ces mobilités, les militants le sont aussi des changements liés à la fusion menée depuis avril 2008, entre la direction générale des impôts (DGI) et la direction générale de la comptabilité publique (DGCP). Sans compter l’impact de la révision générale des politiques publiques, la fameuse RGPP, mise en œuvre en même temps. La fusion s’est répercutée du national au local, dans une logique de guichet unique pour les usagers, mêlant des agents aux cultures très différentes selon qu’ils étaient issus des impôts ou du Trésor public, imposant des réaménagements immobiliers et organisationnels. Quant à la RGPP voulue par Nicolas Sarkozy, qui conjugue politique de réduction des coûts et non-remplacement d’un départ en retraite sur deux, elle n’a pas véritablement disparu sept ans après son lancement, relayée par la Map (modernisation de l’action publique). « Alors que notre direction régionale rassemble 950 agents, près de 30 postes disparaissent chaque année dans le département, souligne Thierry Bienvenu. La direction régionale répartit l’effort entre les différents services. C’est chacun son tour, mais le tour revient souvent ! Les services se dépeuplent et cela se voit : des agents se retrouvent seuls dans des bureaux désertés, leur voisin de bureau parti à la retraite n’est pas remplacé et l’écran d’ordinateur éteint le leur rappelle chaque matin. » À tel point que le représentant de la CFDT soupçonne l’administration de procéder à des regroupements de services en vue de cacher la misère plutôt que par réel souci d’économies. « En quinze ans, au niveau national, nous avons perdu plus de 30 000 postes sur 140 000 », rappelle Thierry Bienvenu, pour mieux souligner l’ampleur de l’effort demandé aux services.

Les baisses d’effectifs atteignent un point limite. Le travail accumulé se reporte sur des agents toujours plus débordés ; certains tombent malades, sont arrêtés par leur médecin, et leurs tâches incombent à des collègues déjà surchargés. Un véritable cercle vicieux. Deux cas d’agents victimes de burn-out ont rendu les militants d’autant plus attentifs aux signes de surmenage ou de mal-être au travail. « Nous tirons la sonnette d’alarme afin d’exiger du renfort là où c’est le plus urgent, au moment de la campagne de déclaration des revenus ou par exemple lorsque des agents doivent déménager tous les “dossiers papier” des contribuables d’un centre à un autre. »

Une section active sur tous les fronts

La fusion a entraîné des bouleversements dans le domaine de l’immobilier. Beaucoup d’agents ont déménagé, dans des conditions pas toujours idéales. Là aussi, la vigilance s’impose. La section, alertée par des agents, a exigé la venue du directeur régional dans un centre récemment ouvert afin qu’il constate l’insalubrité des locaux et ordonne une rénovation. Elle a également signalé un cas de travaux de désamiantage mal conduits et a porté le dossier, qui doit être examiné prochainement au CHSCT du ministère. Le travail ne manque pas !

mneltchaninoff@cfdt.fr