La CFDT Corse en pointe sur l’accueil des salariés

Publié le 10/04/2013
Tous les lundis et mercredis de 18 à 22 heures, les locaux de l’Union régionale interprofessionnelle, à Ajaccio, se transforment en permanence d’accueil… avec un succès qui ne se dément pas.

La Corse, son soleil, ses paysages de rêve… et son Uri CFDT qui, dans des conditions « particulières », parfois difficiles, fait un travail remarquable à destination des salariés insulaires, issus à 94 % de TPE, donc sans présence syndicale. C’est en partant de cette réalité-là que l’équipe de l’Uri a mis en place, depuis plus de vingt ans, des permanences d’accueil dans ses locaux à Ajaccio et Bastia. « Nous avons décidé de tenir ces permanences en soirée, à partir de 18 heures, pour deux raisons évidentes, explique Gérard Mortreuil, le secrétaire général de la CFDT-Corsica : d’une part pour permettre aux salariés de venir après leur travail ; d’autre part parce que les militants qui les accueillent et les renseignent sont bénévoles et travaillent eux aussi durant la journée. »

Une permanence, des résultats concrets et rapides

Ainsi, tous les lundis et mercredis soir, cinq ou six militants reçoivent à Ajaccio (sur le même principe, une permanence hebdomadaire est organisée à Bastia), dans une ambiance conviviale pour une permanence syndicale, des salariés « adhérents CFDT ou pas », insiste Gérard, les écoutent, répondent à leurs questions et, le cas échéant, les prennent en charge afin de régler certains problèmes avec les employeurs. Bien entendu, « l’objectif n’est pas de judiciariser tous les cas, mais au contraire d’obtenir des résultats concrets et rapides par notre médiation. La majorité de personnes qui vient nous voir a des problèmes de salaire, de rupture de contrat qui se passe mal ou vient chercher des informations, l’expertise et les conseils de la CFDT ». Par exemple, grâce aux conseils des militants, il n’est pas rare que des salariés en pleine négociation de rupture conventionnelle obtiennent des indemnités supérieures au minimum légal. En cas de sujet intéressant plusieurs salariés, notamment la création d’une section, l’Uri ouvre également ses portes en soirée un mardi ou un jeudi.

Cet investissement des militants corses de la CFDT est d’autant plus remarquable que, comme le fait remarquer Gérard, « étant une petite structure, nous avons peu de moyens humains et financiers pour faire le même travail syndical que les autres structures CFDT ».

En outre, il lui faut répondre aux spécificités de l’île de Beauté : l’Uri doit ainsi se prononcer sur le Padduc (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse) ou sur la place de la langue corse, à la demande de la Collectivité territoriale de Corse, dont les attributions sont nettement plus importantes que celles des conseils régionaux. Sans oublier la topographie de l’île, qui impose de longs trajets en voiture (ou de prendre l’avion quand il faut gagner le continent). Ces contraintes deviennent vite coûteuses, en temps et en argent, dès qu’il s’agit d’organiser une formation ou d’aller à la rencontre d’équipes sur leurs différents lieux de travail.

La proximité, c’est bon pour l’adhésion !

Quoi qu’il en soit, et face à un STC (Syndicat des travailleurs corses) nationaliste tout puissant et ses méthodes parfois « limites », ce travail de proximité porte ses fruits : « Même si ce dernier est difficile à quantifier précisément, nos permanences nous permettent de faire des adhésions », se félicite le secrétaire général. Et Gérard de glisser dans un sourire : « Récemment, des salariés qui se disaient proches du STC ont adhéré parce que nous étions à leur écoute à 21 heures passées, quand, je cite, “au STC, ils sont déjà tous couchés !”. »

nballot@cfdt.fr

Le salariat corse

• 22 738 microentreprises emploient 22 400 salariés, soit 42 % des salariés du secteur marchand non agricole de l’île (cette part est la plus élevée de toutes les régions françaises).

• 1 025 PME emploient 21 200 salariés, soit 39 % des effectifs salariés marchands non agricoles de la région (selon la moyenne nationale, les PME représentent 27 %…).

• 63 grandes entreprises emploient 7 900 salariés, soit 15 % des salariés marchands non agricoles corses (cette part est la plus faible des régions françaises).

Source : Insee, avril 2013.