Papeterie Arjowiggins : la CFDT revendique plus de transparence

Publié le 27/11/2014

Laurent Berger est venu écouter et soutenir les militants d’Arjowiggins et d’Arc International, en attente d’un repreneur. Tous réclament l’accès aux informations indispensables pour négocier.

« Il est déterminant que les représentants du personnel qui veulent négocier soient associés à ce qui va être décidé ». En déplacement dans le Nord-Pas-de-Calais mardi 25 novembre, Laurent Berger a exprimé son soutien à l’équipe CFDT-Chimie-énergie de la papeterie Arjowiggins de Wizernes (62). Le site, qui emploie plus de 300 personnes, est en attente d’un repreneur.

Germain Crogiez, délégué syndical central, a interpelé la direction : « Pourquoi n’y a-t-il plus qu’un seul repreneur potentiel au lieu de deux ? Il y a un manque de transparence sur le processus de reprise ».

À ses côtés, Laurent Berger a placé la direction d’Arjowiggins face à ses responsabilités : « Vous mettez les représentants du personnel dans une situation intenable. Comment peuvent-ils négocier un PSE s’ils ne disposent pas de toutes les informations ? »

« Nous n’avons pas été écoutés »

Les militants CFDT avaient alerté depuis longtemps sur les risques que présentait le site : « Pendant des années, des outils ne fonctionnaient pas et l’investissement dans la recherche/développement était insuffisant pour lancer des produits innovants. Malheureusement, nous n’avons pas été écoutés. Il aurait fallu envisager une restructuration plus tôt ».

Une négociation en vue d'un accord sur un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a débuté en octobre. Toutes les organisations syndicales représentées sur le site ne sont pas prêtes à participer à cette négociation aujourd'hui. Mais « à présent, la majorité des salariés d’Arjowiggins veut un PSE. Nous sommes prêts à négocier, souligne Germain Crogiez, à condition de disposer des informations nécessaires. »

Laurent Berger avec les salariés d'Arjowiggins

« C’est souvent dans la presse que nous découvrons des informations »

Venus manifester leur solidarité, les militants CFDT d’Arc international ont fait part d’une situation identique : « C’est souvent dans la presse que nous découvrons des informations et actuellement nous sommes dans le flou », constate Daniel Parker, délégué syndical. Les 5 500 salariés sont dans l’attente depuis qu’une dette a été annoncée par le leader des arts de la table il y a un peu plus d’un an. Selon le groupe, un repreneur devrait faire une offre mi-décembre, après qu’une offre a été brutalement retirée en octobre, interrompant la négociation.

« L’absence d’information est anormale. Une transition, ça se prépare. Toutes les entreprises n’ont pas encore compris que l’information partagée dans le cadre du dialogue social renforce la compétitivité », a souligné Laurent Berger, appelant à ce que la CFDT « poursuive son action coordonnée auprès des entreprises, de la région et de l’État pour permettre les transitions. »

nfigarol@cfdt.fr

© Photo Nadège Figarol