Air France taille (encore) dans ses effectifs

Publié le 19/09/2013
Face à la persistance des difficultés financières sur les court et moyen courriers, le groupe aérien a décidé d’amplifier les mesures d’économies. La nouvelle vague de restructuration pourrait conduire à la suppression de 2 800 postes en 2014.

Le 18 septembre, Air France a dévoilé les grandes lignes du second volet de son projet Transform 2015, avec l’objectif « d’augmenter son efficacité économique de 20 % » et de trouver 2 milliards d’euros d’économies en trois ans… c’est-à-dire réduire sa masse salariale, encore ! Alors qu’en deux ans les effectifs du groupe ont déjà fondu de 5 122 postes, la direction envisage donc de supprimer 2 800 postes supplémentaires en 2014 à travers un troisième plan de départs volontaires, dont les modalités pourraient être discutées dès le 4 octobre prochain. Selon Michel Salomon, délégué CFDT, 350 pilotes, 700 hôtesses et stewards et 1 700 personnels au sol pourraient être concernés pour conjurer le semi-échec du groupe sur ses « bases de province ». Inaugurées à l’automne 2011 avec l’ambition de concurrencer les compagnies low-cost, les bases de Marseille, Nice et Toulon – où sont postés de manière permanente équipages et avions afin d’augmenter la productivité – ne sont visiblement pas très rentables pour le groupe aérien (qui entre dans sa sixième année de pertes d’exploitation). Des trois bases, c’est celle de Marseille qui devrait être le plus impactée par les mesures de restructuration.

Bien que, pour l’heure, la direction n’envisage aucun licenciement sec, Michel Salomon ne cache pas son inquiétude : « Si le plan de départs volontaires (PVD) ne recueille pas assez de souscriptions et reste inférieur au nombre de postes supprimés, que vont devenir les gens dont les postes sont supprimés et qui ne souscrivent pas au PVD ? » Au final, ces mesures doivent permettre à Air France de dégager les 400 à 500 millions d’euros d’économies qui manquent en vue de ramener la dette du groupe à 4,5 milliards à la fin 2014, contre 6,5 milliards en janvier 2012, comme prévu dans le plan Transform. Mais ce qui inquiète la CFDT, ce sont surtout les effets sur l’emploi, pour ceux qui partent comme pour ceux qui restent. « L’entreprise n’a toujours pas géré les effets sur l’organisation du travail des précédents plans de départ. »

aballe@cfdt.fr

Photo  © Ian Hanning / Réa