[Vidéo] Mobilisation massive pour les emplois chez Areva

Publié le 16/09/2015

À l’appel de l’intersyndicale du groupe Areva, des milliers de salariés venus de toute la France ont manifesté à la Défense (Hauts-de-Seine) devant le siège social du groupe, le 15 septembre dernier.

Vêtus de leurs gilets orange fluo et brandissant leurs banderoles, les militants CFDT détonnaient sur les costumes gris qui peuplent le plus grand quartier d’affaires d’Europe, La Défense dans les Hauts-de-Seine. Á l’appel de l’intersyndicale, plus de 2 000 salariés d’Areva ont manifesté le mardi 15 septembre devant le siège social du géant du nucléaire français. Dans un concert de slogans, de pétards et de sifflets, ils ont dénoncé la suppression des 3 600 postes prévue d’ici à 2017, dans le cadre du plan d’économies d’un milliard d’euros. « Les salariés n’ont pas à payer les décisions économiques de la direction. Ces 4 000 licenciements sont inadmissibles », critique Michel Toudret, délégué syndical central CFDT Areva NC, filière recyclage des combustibles usés. De son côté, Jean-Pierre Bachmann, coordinateur CFDT groupe Areva, redoute que ce plan de départ volontaire ne glisse, faute de candidats, vers un plan de sauvegarde de l’emploi : « La direction risque de mettre la pression sur les salariés pour qu’ils quittent le groupe. Il faut garantir le libre choix de chacun. »

Contre l’éclatement du géant nucléaire

Venus des sites de province (La Hague, Marcoule, Paimboeuf, Saint-Marcel, Tricastin), ils ont défilé sur le parvis de La Défense avant de rejoindre la tour d’EDF non loin. Les salariés ont exprimé leur vives inquiétudes quant à l’éclatement du groupe après la cession à EDF de la majorité de l’activité réacteurs, Areva NP. « Ce n’est pas en découpant le groupe que l’État va sauver Areva. Cette décision n’a pas été accompagnée d’une réelle stratégie. Nous attendons des garanties d’EDF et de l’État sur le maintien des emplois à Areva NP et sur une recapitalisation rapide de l’entreprise », avertit Alexandre Cretiaux, délégué syndical CFDT Areva NP à Saint-Marcel.

Á la veille du dernier round de discussions sur le volet emploi, qui déterminera les modalités du plan social, prévu les 21 et 22 septembre, les militants ont voulu montrer leur détermination dans cette dernière ligne droite : « Le redressement du groupe Areva ne se fera pas sans les salariés du groupe », clament les manifestants au micro. « L’intersyndicale veut montrer sa capacité à mobiliser les salariés dans cette période cruciale. Nous souhaitons peser dans les négociations sur l’accord emploi. Les salariés doivent partir dans des conditions acceptables », prévient Jean-Pierre Bachmann. Parmi les  revendications de la CFDT : la reconnaissance de la pénibilité pour les départs anticipés, des cellules de reclassement pour accompagner la mobilité sur les territoires ouvertes également aux sous-traitants. La CFDT réclame aussi une gestion territoriale des départs avec des conventions de reclassement signées entre les différents acteurs du nucléaire afin d’éviter des mobilités contraintes hors du bassin d’emploi. 

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©Photo DR CFDT