“L’investissement dans les politiques de recherche doit redevenir une priorité”

Publié le 05/06/2013
Jean-François Renucci, secrétaire général de la Fédération chimie énergie (FCE-CFDT), tire les conséquences de la fermeture de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne et évoque des pistes pour l'avenir de la filière du raffinage en France.

La fermeture du site de Petroplus de Petit-Couronne était-elle inévitable??

La poursuite de l’activité de ce site de raffinage, où travaillent 470 salariés, était pour le moins devenue compliquée. En limitant son activité au seul raffinage, sans l’amont -c’est-à-dire sans l’activité d’exploration/production, et sans circuit de distribution à l’aval, Petroplus a fait un choix industriel contestable, qui condamnait d’une certaine façon le site à terme. Malgré la lutte exemplaire des salariés du site, qui dure depuis près d’un an, et malgré les multiples rebondissements et faux espoirs de reprise durant ces mois, la décision du tribunal le 16?avril dernier a sonné le glas des chances de relance. Notons que des pétroliers encore présents en France, aucun n’a su s’adapter aux évolutions des marchés ni faire les investissements nécessaires à la conversion des activités de raffinage. Cette filière est en surcapacité de production partout en Europe, et a conduit à la fermeture de 9 sites en trois ans.

Quelles suites désormais pour les 470 salariés de Petit-Couronne??

Nous abordons la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), avec la ferme intention d’obtenir toutes les garanties pour qu’il n’y ait aucun licenciement. La CFDT demande d’ailleurs à l’Ufip (l’Union française des industries pétrolières) de faire jouer la solidarité entre les groupes pétroliers de manière à organiser le reclassement du maximum de salariés sur d’autres sites industriels.

Quelle est la situation de la filière du raffinage aujourd’hui?? Quelles pistes proposer pour résoudre la crise de surproduction qu’elle traverse??

C’est en effet l’avenir de toute la filière du pétrole en France et en Europe qui nous préoccupe. Nous pensons qu’il faut relancer une coordination des acteurs?: à la fois pour le raffinage mais aussi, par ricochet, autour du pôle pétrochimique. La France compte encore six sites de raffinage, mais la baisse de la demande (de 20?% par rapport à 2005) impose de réfléchir – et surtout d’investir?! - à la conversion de leurs activités. Tout en accompagnant les reconversions professionnelles des salariés. La mise en place d’outils d’anticipation, comme des études de prospective, que la FCE revendique par exemple sur les bassins de Basse Seine et de l’Étang de Berre devrait servir ces objectifs. Enfin, et surtout, la relance de l’investissement dans les politiques de recherche, notamment sur les nouveaux carburants (biocarburants de deuxième et troisième génération) doit redevenir une priorité.

Propos recueillis par epirat@cfdt.fr