Retraites complémentaires : le contre-projet CFDT pour la reprise des négociations

Publié le 14/10/2015

Alors que la négociation sur les retraites complémentaires des salariés du privé (Arrco et Agirc) reprend le 16 octobre, la CFDT a rendu public, à la fin septembre, un contre-projet d’accord pour sortir par le haut d’une négociation dans l’impasse, car la dureté du texte patronal ne permettait pas de faire avancer les discussions.

« Il n’est pas question d’accepter des mesures qui conduisent à un report de l’âge de départ à la retraite », a prévenu Laurent Berger face aux pressions du patronat.

Face à cette situation de blocage, la CFDT a décidé de travailler pendant l’été à un nouveau projet de texte qui permette de relancer les discussions. « Il était impossible de laisser pourrir la situation puisqu’un accord est plus que jamais nécessaire pour éviter que les régimes se retrouvent à court terme dans une impasse financière », résume Jean-Louis Malys, secrétaire national chargé de la négociation.

Cette nouvelle proposition devrait permettre de réels échanges lors de la sixième séance de négociation, programmée le 16 octobre. D’ici là, des rencontres bilatérales auront eu lieu entre le patronat et toutes les organisations syndicales concernées afin que chacun puisse se positionner par rapport à ce nouveau texte. Encore très hypothétique il y a quelques mois, la possibilité de trouver un accord avant la fin de l’année redevient aujourd’hui une option. La balle est dans le camp du patronat.

jcitron@cfdt.fr

   


Une audacieuse contre-proposition

La réforme proposée par la CFDT s’articule en trois temps. Jusqu’au 1er janvier 2019, poursuite des efforts actuels et mutualisation des ressources des deux régimes. À partir du 1er janvier 2019, création du nouveau régime unifié avec une légère hausse des cotisations patronales et la mise en place d’une contribution de solidarité intergénérationnelle pour les retraités, de 4 %, d’une durée moyenne de deux ans. Les retraités les plus modestes et les salariés ayant cotisé plus que la durée légale en seraient exonérés. Enfin, à partir de 2024, mise en place de mesures de pilotage à long terme incluant les évolutions de l’espérance de vie afin de garantir la pérennité du régime et d’éviter les situations de blocage que nous connaissons actuellement.