Retraites complémentaires : début des discussions à la fin janvier

Publié le 23/01/2019

Depuis le 1er janvier, une mesure est entrée en vigueur pour les salariés du privé souhaitant faire valoir leur droit à leur retraite complémentaire Agirc-Arrco : le coefficient de solidarité. Décidée par les partenaires sociaux en 2015 pour rétablir l’équilibre des régimes, cette mesure défendue bec et ongles par le patronat mais très mal perçue par les salariés proches de la retraite sera au cœur des discussions qui débutent ce 31 janvier.

     

Coefficient de solidarité, le casse-tête

À peine entré en vigueur, le coefficient de solidarité se retrouve au cœur d’un imbroglio juridique. L’accord prévoit que les retraités assujettis à la CSG à taux plein aient une décote temporaire de 10 %, ceux qui sont assujettis à la CSG à taux réduit aient une décote temporaire de 5 %. Quid des retraites au nouveau taux créé par les annonces Macron, c’est-à-dire les retraités dont la CSG ne sera pas augmentée comme initialement prévu ? Pour la CFDT, il s’agit indubitablement d’un nouveau taux réduit, entraînant l’application d’un coefficient de solidarité réduit à 5 %, mais rien n’est encore acté par le conseil d’administration du régime.

     

L’accord de 2015 prévoit que représentants de salariés et patronat rediscutent de l’ensemble des paramètres du régime tous les quatre ans en fonction de sa situation financière à échéance de quinze ans. Or, les comptes du régime unifié se sont redressés bien plus rapidement que ce que prévoyaient les négociateurs en 2015.

Retour à bonne fortune

À l’époque, les mesures d’économie – notamment la sous-indexation des pensions et l’instauration d’un coefficient de solidarité – devaient conduire à un déficit technique (le déficit avant la mobilisation des réserves) de 2,3 milliards en 2020. Les nouvelles estimations faites par les services quatre ans plus tard montrent que l’estimation du déficit pour 2020 n’est plus que de 200 millions. D’où la volonté de la CFDT de revenir sur une partie des efforts demandés aux salariés et aux retraités. « Quand un patient va mieux, on allège son traitement, résume avec humour mais fermeté le secrétaire national Frédéric Sève. Il doit y avoir un retour à meilleure fortune pour les salariés comme pour les retraités. » Côté organisations patronales, silence radio. Après avoir traîné les pieds, elles ont accepté de se remettre autour de la table, mais rien n’a encore filtré sur leur intention.

jcitron@cfdt.fr