Réforme des retraites : Trois concertations et une loi

Publié le 18/09/2019

Depuis le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le Premier ministre a tracé le 12 septembre la feuille de route de la réforme. Une loi est annoncée d’ici à l’été et sera précédée de plusieurs concertations.

Le gouvernement compte en mener trois, distinctes. L’une avec les partenaires sociaux, qui doit débuter dès la semaine prochaine, pour fixer les grands paramètres du nouveau régime universel. Quatre thèmes sont au programme : les mécanismes de solidarité ; les conditions d’ouverture des droits à pension ; les conditions de l’équilibre financier du système en 2025 ; la période de transition.

La deuxième concertation sera sectorielle afin de déterminer, pour chaque régime, la durée et les modalités de la transition vers le système universel. La troisième s’apparente davantage à un débat citoyen. L’idée est que chacun puisse s’exprimer à propos de cette réforme sur un site internet ou lors de réunions organisées dans les territoires.

Sur le fond du dossier, le Premier ministre n’a pas fait d’annonces surprises, mais a confirmé des orientations déjà connues. Le projet de loi devrait bien s’appuyer sur les recommandations du rapport Delevoye. Le nouveau système se mettrait en place progressivement à partir de 2025 et serait pleinement opérationnel en 2040, le temps que l’ensemble des régimes effectuent leur transition. Il a également tenté de déminer certains dossiers sensibles en assurant notamment que les militaires et les forces de sécurité intérieure continueraient à bénéficier d’aménagements spécifiques, que la carrière et la rémunération des enseignants et des aides-soignantes serait revue pour compenser les effets de la réforme ou que la pénibilité serait bien prise en compte dans le nouveau régime.

L’emploi des seniors en question

Enfin, il a annoncé une mission sur le maintien dans l’emploi des seniors afin de répondre à cette question centrale : comment travailler plus longtemps si les entreprises continuent de se débarrasser de leurs seniors à la moindre occasion ? Pour la CFDT, c’est peut-être l’opportunité d’obtenir des engagements du monde patronal sur un droit à la retraite progressive ou l’ouverture de négociations sur la qualité de vie au travail. Mais le fait que cette mission soit principalement confiée à des responsables d’entreprise a de quoi interroger quand on sait à quel point les entreprises ne jouent pas le jeu en la matière.

jcitron@cfdt.fr