Parlons retraites : résultats de la grande enquête

Publié le 25/10/2018

Plus de 120 000 participants, 14 millions de réponses cumulées… Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’enquête Parlons retraites, lancée le 12 juin, est un succès. 

La solidarité avant tout

« Le résultat va bien au-delà de ce que l’on pouvait espérer », affirment les secrétaires confédéraux Virginie Aubin et Florian Meyer, maîtres d’œuvre de cette étude XXL. La surprise est d’autant plus grande que l’éventail des profils des répondants est large : salariés du privé (44%), agents du public (23%), retraités (23%) mais aussi apprentis, intérimaires, étudiants… Preuve de l’intérêt que suscite le sujet.

De quoi en tirer quelques enseignements intéressants… et tordre le cou à certaines idées reçues. En matière de retraites, c’est la solidarité qui est plébiscitée. À la question : « Ça devrait être du chacun pour soi ? » – sous-entendu chacun finance sa propre pension de retraite sans se soucier des autres –, les gens répondent non très massivement, à plus de 85 %. Et 79% considèrent que cotiser pour payer la retraite de ses aînés est un système juste :

Voici une petite sélection de résultats (9 sur 153 questions!) que la rédaction a fait le choix de mettre en avant :

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Une loi à la fin 2019

La réforme des retraites est bel et bien lancée. Après une première phase de concertation menée avec les partenaires sociaux ces six derniers mois, le gouvernement a commencé à préciser ses intentions le 10 octobre dernier. Le haut-commissaire chargé de cette réforme, Jean-Paul Delevoye, a ainsi pris une série d’engagements devant les représentants des salariés et des chefs d’entreprise.

Le nouveau système remplacera bien les 42 régimes de retraite existants (régimes de base et régimes complémentaires). 

Il prendra en compte les revenus d’activité jusqu’à trois fois le plafond de la Sécurité sociale, soit 120000 euros bruts annuels. Ce système par répartition s’appuiera sur un mécanisme de points, et les règles de calcul des droits et les mécanismes de solidarité seront les mêmes pour tous : salariés du privé comme fonctionnaires, indépendants, professions libérales ou agriculteurs.

Enfin, l’âge minimal pour faire valoir ses droits restera fixé à 62 ans. Le nouveau système sera par ailleurs construit « dans le respect des grands équilibres financiers actuels », a assuré le haut-commissaire. Les personnes à moins de cinq ans de l’âge de départ à la retraite lors de l’adoption de la loi ne seront pas concernées par la réforme. Enfin, le gouvernement s’est engagé à préserver les droits acquis pour tous les actifs. Pour le dire autrement, tous les droits acquis dans les différents régimes actuels (majoration de trimestres ou de points, par exemple) seront transférés à 100% dans le nouveau système.

 « Ces premiers engagements montrent que la CFDT a été entendue, se réjouit Frédéric Sève, le secrétaire national chargé des retraites. Comme nous l’avions demandé lors de la concertation, la répartition est confortée. Nous avons également obtenu la garantie des droits acquis, le maintien de l’âge légal à 62 ans et l’abandon de toute discussion sur l’âge pivot. L’engagement pris de faire cette réforme à périmètre constant [sans volonté de faire des économies] est également une exigence de la CFDT qui a été satisfaite. »

Une nouvelle période de concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre pour encore quatre à six mois. « Une loi sera votée en 2019 », a assuré Jean-Paul Delevoye, laissant entendre que cela devrait être plutôt vers la fin de l’année. 

 

     
             

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