Négociation sur les retraites complémentaires : Des avancées en attendant une dernière séance

Publié le 05/04/2019

Une deuxième séance de négociation sur la retraite complémentaire des salariés du privé (Agirc-Arrco) s’est déroulée vendredi 5 avril. Les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur l’essentiel, mais ne sont pas parvenus à conclure un accord. Une troisième et dernière rencontre a été programmée.

Après quatre ans d’efforts, les salariés et les retraités vont semble-t-il voir une nette amélioration du côté de leur retraite complémentaire fin 2019. A l’issu de la deuxième séance de négociation, vendredi 5 avril, les partenaires sociaux ont en effet trouvé un terrain d’entente sur les grandes lignes de l’accord censé déterminer les règles du régime Agirc-Arrco pour les quatre années à venir.

           

 

Des avancées...

Alors qu’en 2015, l’heure était aux économies drastiques pour « sauver » le régime, 2019 sera certainement synonyme de retour à bonne fortune. Les prévisions financières se sont nettement améliorées au-delà même de ce qui avait été estimé à l’époque. « Comme les syndicalistes ont l’habitude de dire, il y a cette fois-ci du grain à moudre », résume le secrétaire national Frédéric Sève, chef de fil de la délégation CFDT lors de cette négociation.

La bonne santé économique du régime permet ainsi de revenir à des règles à la fois plus simples et plus avantageuses. La valeur d’achat du point va ainsi évoluer chaque année (2019, 2020, 2021 et 2022) comme l’évolution des salaires. Il n’y aura plus de mécanisme pour renchérir le coût d’acquisition des points. La valeur de service du point (c’est-à-dire la valeur du point au moment de prendre sa retraite et pendant toute la durée de la retraite) évoluera quant à elle en fonction des prix. Pour le dire autrement, les retraités auront la garantie, pendant quatre ans, de ne pas perdre en pouvoir d’achat sur la partie complémentaire de leur retraite. Une bonne nouvelle à l’heure où, côté régime général, l’heure est plutôt au gel des pensions.

Sur ces deux points les plus importants du texte, il semblerait que les partenaires sociaux soient largement en accord. Seule la CGT qui n’était déjà pas signataire en 2015 continue de s’opposer.

... et un point dur

La négociation a en revanche achoppé sur la question du coefficient de solidarité. La CFDT souhaite qu’un effort soit fait pour assouplir ce mécanisme de bonus-malus instauré en 2015 mais le Medef reste jusqu’à présent inflexible. Le patronat en fait une position de principe et ne s’en cache pas. L’enjeu de la dernière séance de négociation prévue dans quelques semaines (la date n’est pas encore fixée) sera donc de trouver un compromis sur ce sujet. « Nous sommes aujourd’hui d’accord sur l’essentiel, résume Frédéric Sève qui se veut rassurant. Les semaines à venir vont permettre de faire les derniers ajustements. »

jcitron@cfdt.fr