Contrôle des chômeurs, de quoi parle-t-on ?

Publié le 21/10/2014

Dans la période marquée par de nombreuses attaques contre les chômeurs, l’expérimentation menée par Pôle emploi sur le contrôle de la recherche d’emploi doit être prise avec prudence.

« Ce n’est pas une analyse sur le nombre de chômeurs qui ne recherchent pas d’emploi », prévient le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères. Il s’agit « d’expérimenter la dissociation des activités de contrôle et d’accompagnement, afin d’éclairer le débat sur la difficulté de faire réaliser ces deux activités par un même conseiller ».

En creux, la question de l’accompagnement

Menée depuis juin 2013 dans une dizaine d’agences par des équipes dédiées, l’expérimentation donne des résultats très contrastés qui « ne sauraient être utilisés pour alimenter les discours visant à stigmatiser les chômeurs », insiste la CFDT : d’une région à l’autre, d’un panel à l’autre, les radiations effectuées à l’issue du processus de contrôle de la recherche d’emploi varient de 8 à 35 %.

« Les équipes dédiées ont surtout rencontré des personnes découragées ou confrontées à des problèmes de santé, de logement », note Pôle emploi, pour qui l’expérimentation « met en évidence l’intérêt d’une meilleure articulation entre contrôle et accompagnement ». Selon la CFDT, une telle démarche « doit avant tout permettre une reprise de contact afin d’améliorer l’accompagnement des chômeurs par Pôle emploi ». Et si elle se dit « favorable à la recherche de meilleures modalités de contrôle pour s’assurer que les droits des demandeurs d’emploi sont bien mis en œuvre, y compris en proposant une réactivation de l’accompagnement », toute idée de généralisation poserait d’abord « la question des moyens que l’on dégagera pour renforcer l’accompagnement des chômeurs démobilisés », insiste Bernie Billey, déléguée syndicale centrale de Pôle emploi. Une généralisation qui n’est, assure l’opérateur public, pas à l’ordre du jour.

aballe@cfdt.fr

photo : © StéphaneAudras / Réa