Assurance-chômage : les jeux dangereux du Medef

Publié le 14/06/2016

En refusant de donner mandat pour la séance du 16juin à son chef de file sur une hausse des cotisations patronales et une surtaxation des contrats courts, le Medef (réuni en comité exécutif le 13 juin) poursuit son opposition frontale à la principale revendication des organisations syndicales, laissant ainsi présager l’échec de la négociation

Depuis le début des discussions, à la fin février, la CFDT ne cesse de dénoncer l’attitude du patronat et « le chantage permanent exercé par le Medef sur la négociation assurance-chômage » dans l’espoir de voir le projet de loi Travail revenir à sa version initiale. « Le Medef fait preuve d’une grande irresponsabilité, fustige Laurent Berger. S’il n’y a pas d’accord, les indemnités pour les demandeurs d’emploi vont heureusement continuer d’être versées […] mais, oui, cela crée un climat anxiogène. »

Prorogation de la convention ?

Et ce d’autant plus qu’à l’inverse du gouvernement – confiant dans la possibilité d’une prorogation de la convention 2014 –, le Medef assure ne pas vouloir opter pour le maintien des règles actuelles, préférant laisser la main à l’État sur ce dossier. Dans l’immédiat, celui-ci pourrait alors prendre un décret pour assurer la continuité des droits des demandeurs d’emploi – et intégrer les dispositions relatives aux intermittents. Mais la question se pose aussi à plus long terme. Le Medef, en acceptant de renoncer à une gestion paritaire de l’assurance-chômage, fait le pari de l’alternance politique, qui marquerait alors un tour de vis inédit dans la réduction du déficit… comme des droits des demandeurs d’emploi.

aballe@cfdt.fr