Assurance-chômage : le patronat joue la montre sur les contrats courts

Publié le 10/01/2019

Réunis pour une sixième séance de négociation sur l'assurance-chômage, les partenaires sociaux entamaient le 9 janvier l'épineux sujet des contrats courts. Le patronat qui refuse toujours le bonus malus, veut recentrer les discussions sur les causes de la précarité. Les organisations syndicales, elles, demandent du concret.

Le clash n’a pas eu lieu. La sixième séance de la négociation d’assurance chômage du 9 janvier, consacrée aux contrats courts, était très attendue. Elle n’aura pourtant pas permis de trouver des pistes de régulation. Après cinq heures de discussions musclées, syndicats et patronat se sont quittés en décidant de se revoir le 22 janvier. L’occasion d’avoir « enfin un vrai débat contradictoire sur la pertinence du bonus-malus ». Le patronat s’est engagé à transmettre un document de synthèse chiffré d’ici là. « La bonne nouvelle c’est que le bonus-malus n’est pas été enterré », résume la CFDT.

La question électrise les négociations d’assurance chômage depuis plusieurs années. Jusqu’alors, le patronat s’appuyait sur les travaux en cours dans les branches pour échapper à une quelconque responsabilisation des employeurs. Mais le bilan des négociations de branche est « très maigre », jugent les syndicats. Seules six branches (remontées mécaniques, propreté ou import export) ont abouties à un accord. Les secteurs les plus concernés (restauration, médico-social etc…) n’ont même pas négocié.

Une voie alternative

Comment alors aborder cette question explosive le 22 ? Le patronat dit vouloir « s’intéresser aux faits générateurs plutôt qu’aux conséquences pour l’assurance chômage ». Il propose de travailler sur deux pistes: la sécurisation de l’accès à l’emploi et la sécurisation de la gestion des parcours professionnels. Et évoque les groupements d’employeurs ou la suppression du délai de carence entre deux CDD comme des pistes de réflexion. « Très gazeux » rétorque la CFDT, qui demande au patronat de « faire des propositions solides et tangibles » !

C’est peu de dire que cette dernière séance sera cruciale pour l’avenir de la négociation. Pour le patronat, il s’agira de démontrer que  « le bonus-malus n’est pas la réponse adaptée et impacte négativement l’emploi à court, moyen et long terme », laisse entendre Hubert Mongon (Medef). « Il n’y aura pas d’accord sans éléments concrets sur la responsabilisation des employeurs. On ne peut pas nous demander d’être durs avec les demandeurs d’emploi et souple avec les entreprises » prévient la CFDT. Entre temps, les partenaires sociaux consacreront une septième séance (15 janvier) aux nouveaux sujets issus de l’accord de février 2018 (démissionnaires, indépendants, formation des seniors) et de poursuivre les discussions sur les paramètres d’indemnisation.