Assurance-chômage : la négociation joue les prolongations

Publié le 15/02/2018

Ce devait être la dernière séance de négociation portant sur la réforme de l’assurance-chômage. Mais les points restant à trancher sur la question des démissionnaires et le recul du patronat sur la lutte contre la précarité ont amené les partenaires sociaux à programmer une nouvelle (et ultime) rencontre le 22 février.

A son arrivée au Medef, la CFDT (qui comme l’ensemble des autres organisations syndicales avait reçu une nouvelle version de  l’avant-projet d’accord patronal) ne cachait  pas son agacement. « Disons qu'ils ont avancé de deux ou trois millimètres et il leur reste encore une bonne vingtaine de kilomètres à parcourir », a commenté sa cheffe de file Véronique Descacq, qui « doute de la capacité du patronat à parcourir ces 20 kilomètres dans la séance d'aujourd'hui ». Une crainte qui s’est confirmée en séance. « A ce stade le texte ne nous convient pas », estimait la CFDT à la sortie de cette sixième rencontre qu’elle qualifie de « particulièrement consternante ».

Alors que le texte envoyé la veille invitait l’ensemble des branches à ouvrir des négociations sur les moyens de réduire la précarité, le patronat semble faire marche arrière. « Sous couvert d’ouvrir la négociation à toutes les branches, elles ne seraient pas tenues de le faire sur tous les thèmes ». Surtout, le patronat refuse toujours toute référence à une quelconque sanction en cas d’échec des négociations sectorielles, et ce malgré la demande unanime (et maintes fois répétée) des organisations syndicales. Ces mêmes organisations demandent désormais une clarification au gouvernement sur ses intentions. « Il faut que le gouvernement nous dise ce qu’il compte faire. On ne prendra pas le risque de rester flou dans l’accord et de s’en remettre au bon vouloir du gouvernement sur le bonus-malus qu’il dit vouloir imposer ». En creux, les organisations syndicales craignent que le patronat n’use de son lobbying auprès du gouvernement dans les prochaines semaines pour que celui-ci ne mette pas en œuvre des mesures incitatives à la réduction des contrats courts. Un risque confirmé  par Alexandre Saubot, le chef de file du Medef, qui dénonce « l’inanité d’une incitation financière» et prévient. « On vous garantit qu’il y aura du lobbying patronal si le gouvernement venait à mettre en place le bonus-malus sur les branches ».

En tout état de cause, les partenaires sociaux se réuniront une dernière fois le 22 février pour tenter de trouver un compromis. Un délai supplémentaire qui permettra aussi aux uns et aux autres de regarder ce qui se passe du côté de la négociation sur la formation professionnelle, et vérifier ainsi l’équilibre global du système en faveur d'une véritable sécurisation des parcours professionnels avant de se prononcer sur l’assurance chômage.

 

 

 aballe@cfdt.fr