Assurance-chômage : la concertation débute

Publié le 06/03/2019

Il n’aura pas fallu attendre longtemps. Moins d’une semaine après l’échec des négociations d’assurance-chômage, Édouard Philippe dévoilait le 26 février la méthode retenue par le gouvernement pour mener sa réforme de l’assurance-chômage.

Au menu : une concertation, large, menée par la ministre du Travail et son cabinet en vue d’établir un diagnostic partagé de l’assurance chômage, suivie de la présentation (au printemps) des pistes d’évolution retenues par l’exécutif ; pour un décret mis en œuvre cet été. Dès le lendemain, les numéros un des organisations syndicales et patronales ouvraient le bal, rue de Grenelle. Premier à être reçu, Laurent Berger a réaffirmé l’importance de ce temps de concertation préalable. « L’heure n’est pas encore aux solutions », a-t-il martelé, avant de demander que « le débat ne se limite pas uniquement à des modifications de règles pour les personnes indemnisées […] mais que le sens et l’architecture du régime soient aussi en débat ».

Invité à s’exprimer sur quatre points retenus par l’exécutif (recours abusifs aux contrats courts, règles d’indemnisation, niveau d’indemnisation des cadres et accompagnement des chômeurs), il s’est attardé sur quelques idées reçues dont ce chiffre relayé par l’exécutif, « polémique et caricatural », qui veut qu’un chômeur sur cinq toucherait plus que son ancien salaire. « Alors que la plupart des chômeurs ne choisissent pas quand ils travaillent, généraliser certaines situations permettant de dire que les chômeurs profitent du système n’est pas “entendable”. […] Nous ne partageons pas non plus l’idée que la modification des règles d’indemnisation des personnes alternant emploi et chômage permettra de lutter contre la précarité. »

Responsabiliser tous les employeurs

Sur le point d’achoppement des négociations, à savoir la lutte contre les contrats courts, la CFDT a de nouveau réclamé un dispositif de type bonus-malus pour toutes les entreprises. « La tentation serait grande d’exonérer certains secteurs du recours à ces contrats. La CFDT est contre : au-delà des contournements possibles via la taille de l’entreprise ou la nature du contrat, il en va de la cohérence politique de la réforme. » Au terme de cette première période de concertation sur le diagnostic, une seconde phase devrait permettre d’échanger sur les solutions retenues par l’exécutif. Au total, une cinquantaine de réunions sont programmées.

aballe@cfdt.fr