Plan emploi : les lignes rouges de la CFDT

Publié le 11/01/2016

Formation des demandeurs d'emploi, apprentissage, contrat de travail, pacte de responsabilité : Laurent Berger a pris position sur les orientations du plan pour l’emploi que doit annoncer le président de la République le 18 janvier.

Reçu le 11 janvier à Matignon, le secrétaire général de la CFDT a pris position sur les orientations du plan pour l’emploi que doit annoncer le président de la République le 18 janvier, lors de ses vœux aux forces vives, à l’issue des rencontres bilatérales du Premier ministre et de la ministre du Travail avec l’ensemble des partenaires sociaux. Favorable sur le principe à ce que le plan de formation des demandeurs d’emploi soit porté de 150 000 à 500 000, Laurent Berger a estimé que c’est au regard de la qualité des formations proposées et de l’engagement financier de l’État que l’ambition gouvernementale pourra être mesurée. Un pilotage fort et une évaluation sont aussi jugés indispensables. La CFDT soutient également les mesures destinées à développer l’apprentissage, plaidant pour une « stratégie nationale concertée » : « rénovation du statut de l’apprenti » pour mieux lier la rémunération, aujourd’hui fonction de l’âge, au diplôme préparé ; « formations mieux adaptées aux besoins » ; « accompagnement de qualité tout au long du contrat » ; « valorisation de l’apprentissage ».

Concernant le troisième volet du plan esquissé par François Hollande lors de ses vœux aux Français, le secrétaire général de la CFDT juge la création d’une nouvelle aide à l’embauche dans les TPE-PME « inopportune » : « Le recours élevé à l’intérim montre que, dans la période, ce n’est pas le coût du travail qui freine l’embauche. » Il y a urgence à faire le bilan des engagements liés au pacte de responsabilité. Et si une telle aide devait être créée, c’est dans l’enveloppe des 41 milliards d’euros investis dans le pacte et avec des contreparties quant à la qualité des emplois.

Une offensive patronale inacceptable

Laurent Berger a plus globalement posé des garde-fous face à l’offensive patronale visant toujours plus de flexibilité et moins de contributions. Il a dit l’opposition de la CFDT à la barémisation des indemnités prud’homales en cas de licenciement injustifié, « a fortiori avec un plafond de faible niveau », alors que Myriam El Khomri a confirmé le 5 janvier devant l’Association des journalistes de l’information sociale travailler à un tel barème. Il a rappelé la nécessité de ne pas sacrifier les demandeurs d’emploi à des considérations strictement financières. Quant au contrat de travail « agile » (c’est-à-dire flexible) prôné par diverses organisations patronales, Laurent Berger a jugé « inacceptable » de « sécuriser les employeurs en insécurisant les salariés ».

aseigne@cfdt.fr