Le climat s’invite dans la conférence sociale

Publié le 19/10/2015 (mis à jour le 20/10/2015)

Quels enjeux pour l’emploi, la croissance verte et la formation tandis que la France s’apprête à accueillir 195 pays pour parvenir à un accord mondial sur le climat ? La conférence sociale qui vient de s’achever a dédié l’une de ses trois tables rondes à la transition énergétique et la Cop 21.

S’interroger sur l’emploi de demain, la sécurisation des parcours professionnels et les objectifs de notre système de formation ne peut plus se faire sans une réflexion sur la transition écologique. Inévitable et incontournable, elle va contribuer pleinement à la refonte de notre modèle économique. C’est un des messages forts que le gouvernement a voulu faire entendre à l’occasion de cette quatrième conférence sociale sur les mutations du travail. Le Président de la République, François Hollande, a rappelé que la transition énergétique représente déjà un million d’emplois en France, un chiffre qui pourrait tripler dans les décennies à venir.

Mais, a-t-il poursuivi,  la question est de savoir « si la France, qui a de l'avance sur un certain nombre de technologies, aussi bien pour l'efficacité énergétique que pour le renouvelable, va accentuer son avance ou va se laisser finalement dépasser ». Sur le banc des accusés, le chef de l’État a désigné un système de formation défaillant qu’il est urgent de réformer pour préparer les emplois de demain.

Plus tard, c’est le Premier ministre qui a regretté que le changement climatique soit encore trop souvent considéré comme « une entrave au développement » et que les transformations du monde du travail liées à la transition énergétique n’aient pas été « suffisamment anticipées ». Mais il a aussi souligné que les partenaires sociaux « ont un très grand rôle à jouer », en saluant les travaux de l’après-midi sur la question énergétique.

Plusieurs consensus

Contre toute attente, les partenaires sociaux réunis pour cette table ronde ont montré une grande cohérence dans leurs propos, ce qui « n’allait pas de soi », d’après Yves Barou, le rapporteur. Plusieurs sujets ont fait consensus : la volonté d’enrichir le dialogue social  avec les questions environnementales, sans changer les règles de la gouvernance pour les entreprises, la nécessité de développer la RSE et d’adapter les formations et les métiers. Le thème des emplois a été abordé « sans peur », et tous ont convenu de l’opportunité de revaloriser des filières en les « verdissant ». Enfin, la possibilité que le Fonds vert pour le climat puisse être en partie orienté vers le financement des transitions professionnelles a été évoquée. Un point très important pour la CFDT qui défend depuis longtemps une transition juste pour les travailleurs qui vont devoir s’adapter et se former.

La Cop 21 sera la prochaine opportunité de le faire savoir et de se mobiliser pour que la transition juste soit intégrée dans l’accord de Paris.

cnillus@cfdt.fr