La mobilisation pour l’emploi et l’écologie sur les rails ?

Publié le 10/05/2019

Mettre le pied dans la porte pour pousser ses idées. C’est dans cet état d’esprit que la CFDT participait, lundi 6 mai, au lancement de la « mobilisation générale pour le travail, l’emploi et ses grandes transitions » annoncée dix jours plus tôt par Emmanuel Macron à l’issue du grand débat. 

Après six mois de crise sociale, cette rencontre réunissant partenaires sociaux*, élus et associations à Matignon préfigure-t-elle un changement de méthode vis-à-vis des corps intermédiaires ? La CFDT veut y croire, mais attend que « cela se vérifie dans la capacité à co-construire des politiques avec les corps intermédiaires, au niveau national et territorial », précisait Laurent Berger en sortant de Matignon. Des conférences thématiques régionales sont prévues dans les prochaines semaines avant un point d’étape avec les acteurs concernés fin juin. « L’agenda des solutions », lui, ne devrait être fixé qu’en septembre.

 

Consensus et point de blocage

Cinq grands chantiers sont déjà sur la table : développement de l’apprentissage, freins à la reprise d’emploi (mobilité, garde d’enfants…), offres d’emploi non pourvues, accompagnement des transformations économiques des territoires et gestes écologiques du quotidien. La CFDT est parvenue à y ajouter la rénovation thermique des logements, l’une des 66 propositions inscrites dans le Pacte du pouvoir de vivre. Si la majorité des thèmes retenus sont relativement consensuels, la « prime mobilité » – inscrite dans le projet de Loi d’orientation des mobilités (LOM) – reste le principal point d’achoppement. Les syndicats (soutenus par une partie du gouvernement) veulent la rendre obligatoire, notamment « en cas d’absence d’accord dans l’entreprise sur les déplacements domicile-travail », plaide la CFDT, qui voit là « le moyen de responsabiliser davantage les employeurs », quand le patronat défend une application volontaire du dispositif.

À long terme, le gouvernement souhaite que les participants réfléchissent à la définition d’un « Pacte productif » à l’horizon 2025, articulant les enjeux économiques et écologiques. Sur ce point, la CFDT reste prudente, attendant de « pouvoir juger les actes, plus que les paroles ».

aballe@cfdt.fr 

* Seuls la CGT et Solidaires ont refusé l’invitation.