Conférence sociale : un plaidoyer pour le dialogue social

Publié le 19/10/2015 (mis à jour le 20/10/2015)

Lors de son allocution d’ouverture de la quatrième conférence sociale, le président de la République a défendu « sa » méthode du dialogue social. De premières annonces montrent que la CFDT avait été entendue.

Conf sociale Pitchal« Il est tellement tentant de s’en prendre au dialogue social (…) Il est commode de ne jamais s’embêter à signer le moindre accord en espérant que d’autres le feront à sa place tout en réclamant plus de dialogue social. » Comme pour faire taire les détracteurs de ce qu’il a revendiqué comme sa « méthode », le président de la République a adopté un ton résolument offensif lors de son allocution d’ouverture, ce 19 octobre au Conseil économique et social. Rappelant que chacune des précédentes éditions a conduit à l’adoption d’une réforme – la sécurisation de l’emploi, la réforme de la formation professionnelle puis la modernisation du dialogue social –, il a tracé les suites de cette quatrième conférence sociale. Ce sera le futur projet de loi qui sera porté par la ministre du Travail El Khomri et présenté début 2016 en Conseil des ministres. Au premier rang de celles-ci, le compte personnel d’activité. La ministre Myriam El Khomri remettra aux partenaires sociaux un document d’orientation d’ici la fin du mois d’octobre, en vue d’une position commune à la mi-décembre. Les suites du rapport Combrexelle, qui n’était officiellement par à l’ordre du jour, seront aussi intégrées au projet de loi, avec la perspective d’une « opération clarification » du code du travail. À ce sujet, le Président a tenu à souligner que ce n’était pas « le volume » du code du travail qui était en cause, mais son « illisibilité ». Enfin, il appartiendra « aux partenaires sociaux, avec l’État », de faire des propositions pour « adapter tous les outils sociaux » au défi du numérique. Un sujet que la ministre du Travail aura en revanche à se partager avec le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, selon des modalités qui restent à préciser.

Des revendications de la CFDT satisfaites

Sans attendre la feuille de route dévoilée en fin de conférence sociale par le Premier ministre, Manuel Valls, François Hollande a par ailleurs fait une série d’annonces : un nouveau plan de formations prioritaires de 150 000 demandeurs d’emploi et un crédit d’heures supplémentaires sur les comptes personnels de formation (CPF) de tous ceux qui n’auront pas atteint un premier niveau de qualification, comme l’avait réclamé la CFDT le matin même par la voix de son secrétaire général. « Une intention est donnée ; il faudra voir dans la concrétisation », a réagi Laurent Berger, qui a rappelé son souhait que des moyens soient donnés, notamment aux missions locales, pour accompagner les jeunes vers l’emploi. Si François Hollande a estimé qu’il n’y avait pas d’alternative entre « la réforme ou la rupture », entre « la disparition de notre modèle social ou son adaptation par la négociation », le secrétaire général de la CFDT a estimé que « la véritable question est de savoir si les acteurs sont prêts à entrer dans une logique de dialogue et de négociation » et regretté « la prime donnée à ceux qui sont dans l’outrance ».

© Frédéric Pitchal / Divergence