Conférence sociale : “des premières réponses à concrétiser”

Publié le 07/07/2014

François Hollande a fixé aux partenaires sociaux cinq rendez-vous pour la rentrée, prouvant qu’il a bien entendu les exigences de la CFDT. Reste à concrétiser.

« Le dialogue social ne peut être une perpétuelle surenchère de demandes unilatérales. » Dans son allocution aux 350 participants de la troisième conférence sociale du quinquennat, François Hollande n’a pas directement commenté la décision de la CGT et de FO de boycotter le second jour de ce rendez-vous emblématique du quinquennat, après le bras de fer avec les organisations patronales de la semaine dernière. Mais en une phrase, le président de la République a voulu réaffirmer son choix d’une méthode « qui a ses exigences, ses vertus et ses résultats » : loi de sécurisation de l’emploi, réforme de la formation professionnelle, qualité de vie au travail, égalité professionnelle, contrats de génération, reconnaissance de la pénibilité – dont il a confirmé la mise en œuvre, bien qu’en deux temps –, droits rechargeables, démocratie sociale.

Les cinq rendez-vous de la rentrée

« Je continue de revendiquer cette méthode », a-t-il clamé, listant une série de mesures sur les jeunes, l’Europe, la fiscalité, la politique industrielle et fixant aux partenaires sociaux cinq rendez-vous pour la rentrée. La négociation sur la modernisation du dialogue social sera l’un d’entre eux. Montrant qu’il avait bien entendu les exigences de la CFDT, qui avait fait part de ses doutes sur l’avenir des relations sociales dans le pays, il a confirmé qu’un document d’orientation sera élaboré par le ministre du Travail « dans les prochaines semaines ». « Le dialogue social ne se limite pas aux seuils », a-t-il affirmé, évoquant « un cadre de dialogue social national rénové, des branches rénovées », mais aussi la « représentation des salariés dans toutes les entreprises » et « les parcours syndicaux et militants ».

Outre des assises de l’investissement également programmées en septembre, les trois autres rendez-vous annoncés concernent l’emploi. Une rencontre des partenaires sociaux et de l’État « au plus haut niveau » visera à « lever tous les blocages et mobiliser tous les moyens » pour porter le nombre d’apprentis à 500 000 par an. Le chef de l’État a par ailleurs invité les partenaires sociaux à ouvrir une négociation sur le chômage de longue durée, « qui peut aussi être une contrepartie au pacte de responsabilité ». Enfin, le président de la République a confirmé la mise en place d’un « comité de suivi et d’évaluation des aides publiques, de toutes les aides publiques », qui se réunira dès septembre alors qu’une évaluation des négociations sur le pacte de responsabilité dans les 50 principales branches sera réalisée à la même période.

Ni miracle ni renoncement

Estimant qu’il s’agissait là de « premières réponses à concrétiser », la CFDT a réaffirmé sa détermination à avancer ses propositions dans les ateliers thématiques qui se déroulent ce mardi 8 juillet, avant que le Premier ministre, Manuel Valls, n’arrête la feuille de route pour l’année à venir. « Il n’y a pas d’homme providentiel, pas de recette miracle, a rappelé Laurent Berger. Il y a juste la recherche de solutions pour répondre aux jeunes, aux seniors, aux chômeurs qui peinent à trouver un emploi. C’est difficile, mais la CFDT ne renoncera jamais compte tenu du contexte social ! »

aseigne@cfdt.fr

Photo © Olivier Clément