À la conférence sociale, la CFDT dit son “exigence constructive”

Publié le 07/07/2014

En introduction à la conférence sociale, le secrétaire général de la CFDT a redit au président de la République ses attentes en matière de dialogue social. La première d’entre elles porte sur le respect des engagements pris.

Quel avenir pour les relations sociales dans notre pays ? C’est sur cette interrogation que le secrétaire général de la CFDT a interpellé le président de la République, lors de la rencontre en introduction de la conférence sociale des 7 et 8 juillet. « Les coups portés au dialogue social, d’où qu’ils viennent, fragilisent dangereusement la démocratie sociale », a mis en garde Laurent Berger. Une allusion directe à l’attitude du patronat qui « refuse d’une main la mise en œuvre d’engagements qu’il a acceptés de l’autre dans la négociation et la concertation » – le relevé de conclusions du 5 mars sur les contreparties au pacte de responsabilité attend toujours d’être traduit dans les faits dans la très grande majorité des branches. Mais le secrétaire général de la CFDT visait aussi la décision du gouvernement de reporter partiellement, « sous la pression du patronat », la mise en œuvre du compte pénibilité – décision avec laquelle la CFDT est en « désaccord total ».

Des signaux clairs

Le « profond questionnement » exprimé par Laurent Berger n’est pas, loin s’en faut, une remise en cause de la méthode du dialogue social, qui a permis de nombreuses avancées : droits rechargeables, refonte des plans de sauvegarde de l’emploi, amélioration du chômage partiel, compte personnel de formation, complémentaire santé, etc. Mais la CFDT attend « du gouvernement et du patronat des signes clairs et tangibles d’une volonté réelle de donner des perspectives constructives et pérennes au dialogue social », a prévenu son secrétaire général.

La « publication sans délai » du décret sur le compte pénibilité en fait évidemment partie. La CFDT a également fixé ses exigences en ce qui concerne la négociation sur la modernisation du dialogue social, programmée au dernier trimestre 2014 et dont le document d’orientation doit être arrêté par le gouvernement à l’issue de la conférence sociale : la représentation de tous les salariés, quels que soit la taille de leur entreprise et leur secteur d’activité, la reconnaissance des parcours militants et des moyens de leur action ou la rénovation des branches professionnelles.

Des engagements, des résultats

La mise en œuvre du pacte de responsabilité et de ses contreparties est également au cœur de ces attentes. La mise en place effective de l’observatoire des contreparties, chargé du suivi et de l’évaluation de toutes les aides aux entreprises constituera un marqueur fort de ce point de vue.

Mais les enjeux sur le front de l’emploi ne pourront attendre que le pacte ait produit tous ses effets attendus. Avec 5 millions de chômeurs et 8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, la CFDT a redit ses attentes : plan de mobilisation pour l’apprentissage, objectif de 100 000 garanties jeunes d’ici 2015, ouverture d’une négociation sur l’emploi des jeunes et d’une autre sur l’insertion professionnelle, relance des contrats de génération, augmentation des emplois aidés… Enfin, sur le plan européen, la CFDT a souhaité la mise en œuvre du plan d’investissement européen proposé par la Confédération européenne des syndicats. Venue dans un « esprit d’exigence constructive », la CFDT jugera sur ces mesures concrètes.

aseigne@cfdt.fr