[Vidéo] Négociation sur le dialogue social : “Le patronat doit revoir sa copie”

Publié le 30/10/2014

Face aux propositions provocatrices du Medef, la CFDT a exigé une autre base de travail, à l’issue de la deuxième séance de négociation sur la qualité du dialogue social.

« Le patronat a annoncé vouloir changer de paradigme et parvenir à un accord ambitieux. Mais ce n’est pas en passant au bulldozer et en ratiboisant le code du travail qu’on y parviendra. » À l’issue de la deuxième séance de négociation sur la qualité du dialogue social, le 30 octobre, au siège du Medef, la secrétaire nationale Marylise Léon, chef de file de la délégation CFDT, était pour le moins dubitative. Le texte mis sur la table par la délégation patronale n’était rien d’autre qu’« une provocation », bien loin des revendications de la CFDT. À tel point que la délégation n’a pas voulu, au cours de la séance, rentrer dans le détail d’un document qui « ne pouvait constituer une base de travail possible ».

Longue liste de désaccords

      
    Marylise Léon à la sortie de la séance du 30 octobre   

Qu’on en juge. Pas un mot sur la représentation des salariés des très petites entreprises, revendication unanime des organisations syndicales, inscrite dans le document d’orientation envoyé par le gouvernement aux partenaires sociaux en amont de la négociation. Pire, le texte patronal réclame la mise en place d’une instance unique de représentation du personnel – le conseil d’entreprise – pour les seules entreprises de plus de 50 salariés. Et encore cette instance ne serait-elle mise en place que si les salariés le décident par référendum… À cela s’ajoute la remise en cause des organisations syndicales elles-mêmes, mise sous tutelle de ladite instance. « La liste des points de désaccords est longue », a résumé la négociatrice de la CFDT, évoquant la volonté patronale – non formellement démentie – d’inverser la hiérarchie des normes.

« Le patronat doit clarifier sa vision du dialogue social. » De fait sa notion de « dialogue social direct », qui s’ajouterait au « dialogue social indirect » avec les représentants du personnel, ressemble furieusement à… du management. Une confusion des genres qui n’a certainement pas favorisé le dialogue autour de la table de négociation.

Dans ces conditions, la négociation a-t-telle encore une chance d’aboutir ? « Nous avons toujours la volonté de parvenir à un accord. Mais c’est tout sauf gagné. Il va falloir pour cela que le patronat revoie sa copie. » Verdict lors de la prochaine séance, le 13 novembre.

aseigne@cfdt.fr

photo © Olivier Clément