[Vidéo] Le dialogue social paye à la conférence sociale

Publié le 08/07/2014 (mis à jour le 11/07/2014)

Objectif de 100 000 garanties jeunes, mesures pour les seniors et les chômeurs de longue durée, rappel de l’exigence au patronat que le pacte de responsabilité soit au service de l’emploi… les annonces du Premier ministre, Manuel Valls, ont confirmé que la CFDT avait bien fait de jouer le jeu du dialogue social.

      
   

Laurent Berger : «La CFDT a eu raison d'être présente à la conférence sociale»

   

Si certains doutaient du penchant de Manuel Valls pour le dialogue social, ils en sont pour leur frais à l’issue de la troisième conférence sociale. « La conférence sociale est un accélérateur de dialogue social, utile aux Français, aux salariés, aux entreprises, à l’intérêt  général et au pays », a déclaré le Premier ministre dans son discours de clôture, qu’il a placé sous le signe du rassemblement et articulé autour de trois priorités : l’emploi, la croissance et… le dialogue social. Il n’a pas tourné le dos aux quatre organisations syndicales absentes. Il a estimé que leur absence était « un geste ponctuel » qui ne préemptait en rien « toute négociation, tout échange avec l’État ». Il a surtout envoyé un message clair aux participants : « Il est temps de sortir des postures et par votre présence, vous avez montré que vous aviez à cœur de faire vivre l’intérêt général. »

Objectif 100 000 garanties jeunes

Le Premier ministre a surtout donné des gages, confirmant les déclarations du président de la République dans son allocution d’ouverture et allant plus loin sur nombre de points – à la satisfaction de la CFDT. Parmi un arsenal de mesures pour favoriser l’emploi des jeunes, il a ainsi donné suite à la revendication de la CFDT de booster le dispositif garantie jeunes – avec l’objectif de 50 000 en 2015 et 100 000 à l’horizon 2017. « Une avancée importante », a salué Laurent Berger. Un plan pour l’emploi des seniors et de lutte contre le chômage de longue durée sera également mis en œuvre, les partenaires sociaux étant invités à ouvrir une négociation sur les demandeurs d’emploi de longue durée. Il a confirmé la tenue en septembre d’une « réunion à haut niveau pour lever tous les blocages structurels » au développement de l’apprentissage – avec l’objectif de 500 000 apprentis en 2017.


En matière de croissance, Manuel Valls a plaidé pour « une initiative de croissance au niveau européen », faisant allusion au plan d’investissement européen porté par la Confédération européenne des syndicats, tout en confirmant le souhait de lutter plus efficacement contre le dumping fiscal et social. En septembre, des Assises de l’investissement devront trouver les moyens d’orienter l’épargne vers l’économie réelle. Une délibération sur l’épargne salariale se déroulera dans cet objectif et le Premier ministre a ouvert la porte à une modulation du forfait social favorisant l’investissement responsable ou les fonds d’actionnariat salarié.

Observatoire des aides et mobilisation des branches

« Le dialogue social, c’est aussi pour le public », ne cesse de clamer la CFDT. Le Premier ministre a annoncé la création d’un « cadre permanent de dialogue social » qui traitera des évolutions du service public, en lien avec les réformes territoriales et de l’État, et de leurs conséquences pour les agents.

Il a surtout rappelé que l’État ayant tenu ses engagements sur le pacte de responsabilité, les branches devaient désormais se mobiliser à la hauteur de « l’effort sans précédent consenti par la Nation pour relancer la croissance et l’emploi ». Un suivi branche par branche sera assuré par le ministère du Travail tandis que l’observatoire des aides aux entreprises – réclamé dès début janvier 2014 par plusieurs organisations syndicales – est mis en place.

Le dialogue social, facteur de progrès

Dernier point, Manuel Valls a confirmé que la modernisation du dialogue social – au sujet de laquelle une négociation est attendue à l’automne – suppose, outre une rénovation des branches, que « chaque salarié ait droit à une forme de représentation collective », comme le réclame la CFDT de longue date.

« Autant d’avancées qui montrent qu’il fallait être autour de la table de cette conférence sociale », a jugé Laurent Berger, saluant nombre d’« annonces positives pour ceux qui subissent le plus durement la crise ». Et le secrétaire général de la CFDT de conclure : « Ces avancées devront être concrétisées et rien n’est jamais gagné d’avance. Mais nous avons des pistes pour progresser. »

aseigne@cfdt.fr

Photo © Regard-social.com