Trente jeunes militants dans la matrice européenne

Publié le 22/03/2013
L’Europe est en crise ? Raison de plus pour former de jeunes responsables aux enjeux européens et les initier aux leviers d’action syndicale, de la Confédération européenne des syndicats à la section syndicale d’entreprise. C’est le pari conjugué des unions régionales Pays de la Loire et Bretagne.

L’Europe, comment ça marche ? À quoi ça sert ? Comment agir pour la faire progresser ? Ces questions constituent le trépied de la formation européenne dans laquelle se sont engagés trente militants des Pays de la Loire et de Bretagne. Leur seul point commun, être âgé de moins de 35 ans. Pour le reste, ils viennent de huit champs professionnels et de deux unions régionales. « Notre groupe est une petite Union européenne », avance l’un d’eux. Ils partagent aussi la même appétence pour cette Europe qu’ils connaissent trop peu – quelques souvenirs de classe – et qui structure pourtant leur quotidien : « Je ne veux pas me faire balader par la direction au nom des réglementations européennes », lâche une militante de la CFDT Banques & Assurances. » Venus « par intérêt personnel », « pour agir dans [leur] section syndicale » ou parce qu’ils ont été directement sollicités par leur structure d’appartenance, ils se sentent déjà un groupe et sont motivés.

À raison. Car ces jeunes militants en responsabilité dans leur syndicat viennent de s’engager dans un ambitieux parcours de formation de deux ans réparti sur huit séminaires de deux à trois jours. Le programme est dense : protection sociale en Europe, empreinte européenne en région, institutions et acteurs de l’Europe politique et syndicale, crise économique et financière, droit social national et droit européen, marché unique, dynamiques d’emploi et modèles économiques... Des séminaires à Bruxelles, Madrid et Varsovie permettront de faire plus concrètement connaissance avec l’Europe, sans oublier les indispensables temps de convivialité.

Mettre les mains dans le cambouis européen

Une première « mise en bouche », les 13 et 14 mars, leur a permis de (re)découvrir les différentes étapes de la construction européenne, puis de débattre avec le secrétaire national Marcel Grignard des enjeux de l’Europe sociale et syndicale. « Une autre façon de s’inscrire dans les journées d’action européenne de la CES » des 13 et 14 mars, selon Yvan Ricordeau, responsable de la CFDT Pays de la Loire. Les questions sont concrètes : « Comment fonctionne la CES (Confédération européenne des syndicats), avec qui négocie-t-elle, quels sont ses leviers d’action ? ». Conscients de la « panne » du projet politique européen exposée par Marcel Grignard et des risques que cela représente sur les plans économique et social, mais aussi démocratique, ils sont demandeurs « d’arguments » sur « les avancées concrètes de l’Union européenne pour les travailleurs ». Si « la paix et la démocratie » leur paraissent aller de soi, le modèle social européen leur parle davantage. Les questions d’égalité hommes-femmes, de protection de l’environnement et de santé au travail tout autant. « Que pouvons-nous, jeunes militants, porter dans nos responsabilités quotidiennes ?, interrogent-ils. On veut mettre les mains dans le cambouis, tout de suite ! » Une attente à laquelle le parcours qu’ils viennent d’entamer vise précisément à répondre.

aseigne@cfdt.fr