Paris rend hommage au Prix Nobel de la paix 2015

Publié le 16/10/2015

La société civile tunisienne en France a invité le 15 octobre à Paris le quartet récompensé par le Prix Nobel de la paix 2015 – l’UGTT, l’Utica, l’Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Laurent Berger a dit la fierté de la CFDT de voir la société civile ainsi distinguée. 

Ne boudons pas notre plaisir ! À un moment où le « syndicalisme bashing » fait rage, où certains montrent, sans honte, toute leur hostilité à accueillir dignement des réfugiés, le Prix Nobel de la paix 2015 a quelque chose de réjouissant. Il donne raison au dialogue, à la démocratie, à la tolérance et à la paix en récompensant l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), l’Utica (l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat), l’Ordre des avocats tunisiens et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH). Ce quatuor s’est vu récompensé le 9 octobre dernier pour son rôle dans la transition démocratique de ce petit pays, la Tunisie, déclencheur des « révolutions » arabes.

Un hommage organisé par le collectif de la société civile tunisienne en France était rendu le 15 octobre aux nobels à l’Institut du monde arabe à Paris en présence de nombreuses personnalités, ministres, ambassadeurs, responsables syndicaux et de la société civile française qui ont soutenu le mouvement démocratique tunisien.

Une reconnaissance du rôle du syndicat

« Le jury du Prix Nobel a voulu mettre en valeur la voie du dialogue contre celui de la violence, a expliqué Hocine Abassi, le secrétaire général de l’UGTT, c’est une reconnaissance de la société civile et du rôle de l’organisation syndicale dans la stabilité politique du pays. C’est une récompense pour tout le mouvement syndical international (…) L’UGTT n’aurait pas résisté soixante-dix ans sans l’aide de la société civile et la solidarité du mouvement syndical international. » Et parmi ces soutiens syndicaux, le leader tunisien cite en premier lieu la CFDT qui se tient aux côtés de l’UGTT depuis des dizaines d’années.

Dans son discours émouvant, Hocine Abassi n’oublie pas les réfugiés de Syrie, d’Irak ou de Libye, « qui fuient les affres de la guerre (…) Il est urgent de trouver des solutions humanitaires mais aussi aux causes premières de ces migrations. » Le secrétaire général de l’UGTT a appelé la communauté internationale « à mettre fin aux livraisons d’armes à ces milices qui ont transformé ces pays en théâtre de guerre et veulent stopper la démocratie ».

La CFDT fière de l’UGTT

À son tour, Laurent Berger a dit toute la fierté et l’émotion de la CFDT de voir la société civile tunisienne distinguée. Cela « va droit au cœur des militants syndicaux attachés à la démocratie, au dialogue et à la négociation. (…) Cette récompenserappelle aussi que le vivre-ensemble et la paix sont fragiles. Ce dialogue doit continuer pour que la démocratie tunisienne soit durable et fasse école dans un monde arabe resté sans voix à l’annonce de ce Prix Nobel de la paix. » Quant à l’avenir, a-t-il poursuivi, « nous savons que l’UGTT y jouera sa partition. C’est certain. La CFDT soutiendra son action comme elle n’a cessé de le faire avant et après le 14 janvier 2011. »

Wided Bouchamaoui, la présidente de l’organisation patronale Utica, a qualifié les défis qui attendent la Tunisie de « travail de longue haleine (…) pour aller vers plus de prospérité, plus d’investissement, plus de productivité et plus d’emplois. C’est une lourde responsabilité qui nous attend », a-t-elle conclu. Abdessatar Ben Moussa, de la LTDH ne dit pas autre chose : « Tant qu’il y aura du chômage, la démocratie restera fragile. (…) C’est la pauvreté qui menace les grands équilibres. » Enfin Fadhel Mahfoudh, de l’Ordre des avocats s’est fait le plus lyrique : « Nous avions un rêve de démocratie, d’élections transparentes (…) nous avons fait cette œuvre, tous ensemble et nous allons continuer ce combat. »

Le quartet de nobels devait être reçu le 16 octobre par François Hollande. 

dblain@cfdt.fr

©Photo Infocom