Le Qatar protège (enfin un peu) les travailleurs migrants

Publié le 09/09/2020

D’ici à six mois, les travailleurs migrants du Qatar vont pouvoir quitter leur employeur comme ils le voudront, après préavis. C’est en tout cas ce que prévoit la loi qui vient tout juste d’être adoptée.

Un brin de liberté au pays des droits bafoués. Jusqu’ici, les travailleurs migrants, soumis à un contrôle très strict de leurs employeurs et de l’État qatari, ne pouvaient quitter ni leur emploi ni le territoire sans autorisation ou avant la fin de leur contrat, ce qui s’apparentait à une forme d’esclavage moderne. Le pays a également mis fin au système de la kafala (système de parrainage abusif), non reconnu par la communauté internationale, et qui permettait à certaines familles d’asservir des enfants aux travaux domestiques.

En outre, le gouvernement a adopté une loi établissant un salaire minimum (230 €) qui s’appliquera à l’ensemble des travailleurs du pays, y compris les travailleurs domestiques, sans distinction de nationalité. Les employeurs devront également s’assurer que ces travailleurs disposent d’une alimentation et d’un logement décents ; s’ils ne sont pas fournis par l’employeur, ce dernier devra leur verser une allocation minimale allant de 300 à 500 rials (de 69 à 115 €). Au total, près de 400 000 travailleurs sont concernés par ces nouvelles lois qui devraient améliorer nettement leur situation.

Une décision saluée par la CSI

L’Organisation internationale du travail (OIT) s’est félicitée de ces avancées, sur lesquelles elle a travaillé avec le ministère du Développement administratif, du Travail et des Affaires sociales et les organisations d’employeurs et de travailleurs. La Confédération internationale des syndicats (CSI) salue aussi ce changement qu’elle qualifie d’« événement que les travailleurs attendaient depuis longtemps. La CSI se tient prête à soutenir le gouvernement du Qatar lors de la mise en œuvre de cette décision historique afin de s’assurer que tous les travailleurs sont bien informés de ces nouvelles règles et qu’ils en bénéficient. Les autres pays de la région devraient suivre l’exemple du Qatar ».

dblain@cfdt.fr 

photo © CSI