Le climat, une question de justice sociale

Publié le 02/10/2015

Réunis pour le 13e congrès de la Confédération européenne des syndicats, les leaders syndicaux européens ont témoigné leur soutien à un accord ambitieux sur le climat à la prochaine Conférence des Nations unies, Cop 21. Ils demandent que cet accord prévoie une « transition juste » pour les travailleurs.

« Il y a urgence : il faut trouver un accord à Paris pour une société plus juste », a rappelé Mary Robinson, l’ex-présidente de l’Irlande et fondatrice de la Fondation pour la justice climatique, venue rencontrer les leaders syndicaux européens lors de leur troisième journée de congrès. « Pourquoi se mobiliser dès maintenant en faveur de la lutte contre le réchauffement du climat quand l’actualité socio-économique dans nos pays est par ailleurs si préoccupante ? Parce que c’est le sujet transversal à toutes nos questions », a-t-elle déclaré. « Le changement climatique et les catastrophes humanitaires dont il est déjà responsable ne feront qu’exacerber les fractures sociales en Europe et partout dans le monde. Le climat est devenu une question de justice sociale. »

Des pratiques contrastées

L’intervention de Mary Robinson pour une mobilisation sans précédent en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique a été vigoureusement et longuement applaudie.

Le film de la CES "Our jobs depend on our planet - Climat et emploi, même combat"


      

Plusieurs responsables européens se sont ensuite retrouvés lors d’une table ronde pour échanger sur leurs pratiques en lien avec le changement climatique. Car dans un contexte économique dégradé, la mobilisation pour le climat n’est pas acceptée partout. La transition énergétique exige beaucoup de pédagogie de la part des leaders syndicaux qui, comme l’a expliqué Veselin Mitov du syndicat bulgare Podkrepa, doivent revoir leurs positions traditionnellement axées sur la défense de tous les emplois sans distinction. « Notre pays subit les conséquences polluantes de l’extraction minière de charbon et des industries énergivores. Les travailleurs connaîtront des changements d’activité inéluctables. Sous l’impulsion de la CES, nous avons fait de l’économie verte l’une de nos priorités. Nous essayons de sensibiliser les citoyens pour qu’ils sachent que la reconversion en faveur de la transition énergétique sera également génératrice d’emplois », a-t-il précisé.

Un manifeste pour la protection du climat

La CES a adopté un manifeste pour la protection du climat dans lequel elle demande aux gouvernements du monde entier de s’entendre sur un accord international contraignant pour la protection du climat lors de la prochaine Cop 21 qui débutera le 30 novembre à Paris. Elle revendique plusieurs propositions qui seront défendues en décembre, dont la transition juste pour garantir l’avenir des travailleurs qui seront affectés. Ce texte précise aussi qu’un support financier aux régions et secteurs qui dépendent d’activités à fortes émissions de carbone sera indispensable pour sa mise en œuvre.

cnillus@cfdt.fr

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